L’Afrique a beau être le continent oublié de la mondialisation triomphante, elle suscite les convoitises. Le dernier rapport de la Banque mondiale Banque mondiale Institution intergouvernementale créée à la conférence de Bretton Woods ? est parvenu à imposer ses orientations politiques et économiques aux pays demandeurs.
(En anglais : World Bank)
? sur la répartition du produit "intérieur" brut mondial (les richesses produites, à parité de pouvoir d’achat) accorde au sous-continent subsaharien 2% du total, disons : deux miettes. Les pays riches, c’est 60% [Financial Times, 12 avril 2008]. Pauvre mais riche en ressources. Talonnée par la Chine, qu’une politique volontariste a hissé au 2e rang des interlocuteurs commerciaux de l’Afrique, juste derrière les États-Unis, et au rang du 1er fournisseur du continent [Economie politique, n°38, avril 2008], l’Union européenne Union Européenne Ou UE? : Organisation politique régionale issue du traité de Maastricht (Pays-Bas) en février 1992 et entré en vigueur en novembre 1993. Elle repose sur trois piliers : les fondements socio-économiques instituant les Communautés européennes et existant depuis 1957 ; les nouveaux dispositifs relatifs à la politique étrangère et de sécurité commune ; la coopération dans les domaines de la justice et des affaires intérieures. L’Union compte actuellement 27 membres : Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas (1957), Danemark, Irlande, Royaume-Uni (1973), Grèce (1981), Espagne, Portugal (1986), Autriche, Finlande, Suède (1995), Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Slovaquie, Slovénie, Tchéquie (2004), Bulgarie, Roumanie (2007).
(En anglais : European Union)
? met les bouchées doubles pour conclure ses fameux Accords de partenariat économiques et maintenir l’Afrique dans ses rets (libre-échangistes, compatibles OMC OMC Organisation mondiale du Commerce?) et 26 États observateurs susceptibles d’entrer dans l’association dans les prochaines années.
(En anglais : World Trade Organization, WTO)
?), tant qu’il est encore temps. Le temps ne marque pas de pause. Depuis octobre 2007, les États-Unis déploient une politique de "partenariat africain" (nom officiel) sous la forme de deux navires de guerre, l’USS Fort McHenry et l’USS Swift, cabotant au large des côtes du Golfe de Guinée [The Economist, 12 avril 2008]. A terre, la troupe répare routes et écoles, et offre des soins médicaux gratuits ; à bord, elle forme des soldats africains, quelque 1.200 jusqu’ici. Ces missionnaires en uniforme sont soutenus par un budget de 127 millions de dollars, auxquels 389 millions devraient s’ajouter en 2009. Leur commandant, John Nowell, ne porte pas la soutane mais il a le verbe direct : "Nous ne serions pas ici si les États-Unis n’y avaient pas des intérêts." Paroles de stratège.