Le 16 octobre, notre collègue Raf Custers est invité à témoigner sur les pratiques des entreprises multinationales (chiliennes et autres) dans le secteur forestier : comment chassent-elles les populations des provinces du Sud du pays pour les remplacer par des monocultures d’eucalyptus et de pins...?

Pour comprendre les mécanismes qui sont en jeu au sud du Chili, nous avons le plaisir d’inviter 3 intervenants exceptionnels à la conférence.

Raf CUSTERS

Journaliste belge et chercheur au GRESEA (Groupe de Recherche pour une Stratégie Economique Alternative), auteur du livre « Chasseurs de matières premières » sur l’extractivisme. La colonisation pour les terres et les matières premières va de pair avec la soi-disante « Pacification » et des politiques de militarisation et de répression.

Natividad LLANQUILEO

Avocate Mapuche, Présidente du Centre d’investigation CIDSUR (Temuco), ex-porte-parole des prisonniers politiques mapuche. CIDSUR défend plusieurs Mapuche incriminés par la loi anti-terroriste, loi à maintes reprises dénoncées par les organismes internationaux. Comme défenseurs de droits humains, les avocat-e-s subissent aussi des pressions et des menaces.

Héctor LLAITUL

Porte-parole de la Coordinadora Arauco Malleco (CAM), organisation autonomiste Mapuche qui lutte pour la récupération des terres, persécutée par l’industrie forestière et criminalisée par l’État chilien depuis 20 ans. Arrêté en 2017 suite à des fausses preuves fabriquées par les services de renseignements chiliens, son témoignage est un cri de la résistance de son peuple.

En matière des droits de l’homme, le Chili vit depuis une vingtaine d’années la montée des mobilisations des peuples autochtones pour le respect de leurs droits à la terre, aux ressources naturelles et à la reconnaissance de l’Etat. Le peuple Mapuche en particulier, qui représente l’ethnie majoritaire des autochtones du Chili, se confronte directement aux projets d’investissement Investissement Transaction consistant à acquérir des actifs fixes, des avoirs financiers ou des biens immatériels (une marque, un logo, des brevets…).
(en anglais : investment)
des sociétés transnationales dans les secteurs hydroélectriques et de l’industrie forestière.

La Rapporteuse spéciale sur les droits des peuples autochtones, Victoria Tauli-Corpuz, a présenté une étude thématique sur les agressions contre les activistes autochtones. Elle conclue dans son rapport que « les projets de développement de grande ampleur sont les principaux moteurs de la multiplication des agressions et du recours à la législation pénale contre les peuples autochtones. »

Le Chili ne fait pas exception dans ce phénomène préoccupant de criminalisation contre le peuple Mapuche. La solution passe nécessairement par la recherche de chemins politiques qui impliquent tous les acteurs du conflit, y compris les secteurs injustement ostracisés. C’est à eux que nous donnons la parole ce soir, pour un débat riche et constructif.

Apéro de l’amitié offert à 18h30
Entrée libre

Info : generations.chili gmail.com
B : https://ngchili.wordpress.com/