« Réunir les gens pour un monde meilleur » : telle est la devise d’AB InBev, plus grand brasseur de la planète. Pourtant, en coulisses, le slogan ne colle pas à la pratique. Retour en cinq points sur l’histoire de cette multinationale. De quoi vous ouvrir les yeux et, peut-être, changer vos habitudes d’achat.

Tripel Karmeliet, Ginette, Corona, Stella Artois, Hoegarden, Leffe, Jupiler, Kwak, Belle-Vue… Autant de marques vendues en Belgique et fabriquées par AB InBev.

AB InBev… Vous connaissez au moins de nom. Le groupe de Leuven est le plus grand brasseur de la planète. Il est présent dans cinquante pays, il vend plus de 27 % des bières écoulées dans le monde, il emploie quelque 172 000 personnes pour une valeur en bourse Bourse Lieu institutionnel (originellement un café) où se réalisent des échanges de biens, de titres ou d’actifs standardisés. La Bourse de commerce traite les marchandises. La Bourse des valeurs s’occupe des titres d’entreprises (actions, obligations...).
(en anglais : Commodity Market pour la Bourse commerciale, Stock Exchange pour la Bourse des valeurs)
de 243 milliards d’euros fin 2019.

Parmi ses actionnaires : Alexandre Van Damm, première fortune de Belgique, et les familles historiques belges Piedbœuf, De Spoelberch, de Mévius. Mais aussi Jorge Paulo Lemann, l’homme le plus riche du Brésil, et la famille multimilliardaire colombienne Santo Domingo. Et enfin la firme américaine Altria (ex-Phillip Morris).

Les actionnaires belges et brésiliens contrôlent le groupe à hauteur de 45 % et la gestion est assurée par le Brésilien Carlos Brito (lire encadré).

Avant de consommer l’une des 500 bières commercialisées par AB InBev, voici cinq éléments qu’il n’est peut-être pas inutile d’avoir en tête.

 1. Des restructurations à la pelle

La réussite d’AB InBev est avant tout une histoire d’acquisitions et de rachats de groupes déjà localement implantés, plus qu’une success story liée l’innovation ou à une quelconque stratégie de gestion. Chacune de ces acquisitions a donné lieu à des centaines, voire des milliers de licenciements.

L’histoire débute dans les années 1960. Jupiler (brasserie Piedbœuf) et Stella Artois sont alors les deux principales bières vendues en Belgique. En 1987, les deux brasseurs fusionnent, donnant naissance à Interbrew, qui entame une vague de rachats en Belgique et en Europe. De 1991 à 2015, le groupe acquiert une trentaine de brasseurs dans 30 pays et réalise d’importantes économies d’échelle.

Les fusions-acquisitions les plus marquantes sont celle avec le brésilien Ambev en 2004 (Interbrew prend alors le nom d’Inbev) et celle avec l’américain Anheuser-Busch en 2008 (Inbev devient AB-Inbev). Suit le regroupement avec le brasseur sud-africain SAB Miller, alors 2e brasseur mondial, en 2016. Cette dernière acquisition, d’un montant de 96 milliards d’euros, est d’ailleurs la troisième plus importante de l’histoire, tous secteurs confondus.

À chacune de ces étapes correspond un « dégraissage ». Après 2004, quelques centaines de licenciements ont lieu en Belgique. En 2008, Anheuser-Busch se sépare de 10 % de ses effectifs. En 2010, ce sont 270 travailleurs qui sont licenciés en Belgique et en Allemagne (10 % de l’emploi). En 2016, au moment du regroupement avec SAB, le groupe annonce vouloir réduire ses effectifs de 3 % (soit 5 500 travailleurs), notamment au siège londonien de SAB. Bien qu’il soit difficile d’en dresser une liste exhaustive, ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui ont été supprimés depuis trois décennies.

 2. Des consommateurs sous surveillance

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Pour citer cet article : Romain Gelin, Et si vous mettiez AB InBev en bière ? février 2020, disponible à l’adresse : [http://www.gresea.be/Et-si-vous-mettiez-AB-InBev-en-biere]