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Baudouin Prot, directeur général de BNP Paribas - dont le public belge se rappelle le rachat au forceps des activités bancaires de Fortis -, a annoncé qu’il respecterait les accords internationaux sur les paradis fiscaux et qu’il fermerait les agences qui y sont situées. Mais de quels paradis parle-t-il ? Comme suite au G20 de Londres, les grands Etats de la planète ont décidé de mettre à l’index les pays qui cachent les informations financières aux autres, mais suivant une liste établie par l’OCDE. Or, celle-ci marque une distinction entre ceux qui n’ont aucune collaboration et qui figurent dans le panier des "moutons noirs " et ceux qui acceptent une certaine discussion et qui composent la "liste grise". Actuellement, plus aucune nation ne se situe dans la première catégorie. Et pour sortir de la seconde, il suffit d’avoir des négociations avec douze autres pays pour accepter des transferts d’informations financières. Autant dire que les Etats épinglés se précipitent pour mener ces accords. Ainsi, la Belgique, le Luxembourg ou la Suisse se sont conformés à cette disposition et échappent maintenant au classement réprobateur. Mais il en va de même pour Monaco, qui a passé des transactions notamment avec... sept autres paradis fiscaux. Que valent dès lors les belles déclarations de M. Prot ? Pas grand-chose. Les filiales suisses, luxembourgeoises, monégasques ne risquent rien et BNP Paribas pourra toujours y transiter des fonds sans problème. Comme l’a souligné le récent accord entre les Etats-Unis et la Suisse à propos des agissements d’UBS (voir Belwatch du 21 août 2009), il faut que le fisc américain désigne explicitement les personnes et les comptes surveillés pour qu’il y ait possibilité de levée du secret bancaire.
En définitive, les fermetures de BNP Paribas ne devraient donc concerner que six établissements principalement au Panama et aux Bahamas, alors que, selon le mensuel Alternatives économiques, elle dispose de 189 filiales offshore. Comme le présentait Coluche dans son sketch sur la publicité (des poudres à lessiver) : "Blanc, je sais ce que c’est comme couleur. Moins blanc que blanc aussi. C’est quelque chose de gris, pas très clair... Mais plus blanc que blanc, franchement je ne vois pas".
Source: Le Monde du 28 septembre 2009 et L’Expansion du 1er octobre 2009.
Traitement Gresea: 06 octobre 2009.
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