Les Objectifs du millénaire pour le développement des Nations unies visent entre autres, comme on sait, à lutter contre la pauvreté par un appui à la scolarisation des masses dans le Tiers-monde. C’est l’Objectif n° 2 qui traduit l’espérance de voir tous les enfants aller jusqu’au bout de l’enseignement primaire et l’Objectif n°3 qui traduit l’espérance d’aboutir à une égalité des sexes à tous les niveaux d’enseignement. L’éducation de la relève en nouvelles générations de travailleurs n’est pas moins importante pour le développement des pays "riches", on s’en doute, et leur Organisation pour le commerce et le développement économique (OCDE OCDE Organisation de Coopération et de Développement Économiques? d’obédience libérale, réalisant des études et analyses bien documentées en vue de promouvoir les idées du libre marché et de la libre concurrence.
(En anglais : Organisation for Economic Co-operation and Development, OECD)
?), "développementaliste" comme son nom l’indique, s’est dotée d’une cogitation experte là-dessus. Cela donne, régulièrement, des rapports, qui représentent autant d’admonestations aux gouvernements : vous pouvez faire mieux et voici comment ! Le dernier rapport, "Regards sur l’éducation 2007", est fidèle à cette tradition. Ses chiffres sont "renversants", commente le Financial Times [19 septembre 2007]. Renversants car ils suggèrent que de nombreux pays riches utiliseraient très mal les moyens qu’ils consacrent à l’enseignement. Comment l’OCDE? arrive-t-elle à ce résultat renversant ? Simple. En comparant les performances des différents systèmes éducatifs nationaux avec... leurs coûts. Ici, aux Etats-Unis, c’est le personnel non enseignant qui coûte trop cher. Et, là, de manière générale, les "investissements des gouvernements sont loin d’être maximisés", étant entendu – tare regrettable – que le "secteur", estime l’OCDE?, reste "trop intensif en main-d’œuvre" et entravé par des salaires jugés par trop liés "à l’ancienneté et la qualification" plutôt qu’aux "résultats et à la productivité Productivité Rapport entre la quantité produite et les ressources utilisées pour ce faire. En général, on calcule a priori une productivité du travail, qui est le rapport entre soit de la quantité produite, soit de la valeur ajoutée?, qui exige une dépense de force humaine supplémentaire (accélération des rythmes de travail, suppression des temps morts, etc.).
(en anglais : productivity)
" des enseignants. Comprenez : l’éducation devrait être traitée comme une n’importe quelle vulgaire marchandise Marchandise Tout bien ou service qui peut être acheté et vendu (sur un marché).
(en anglais : commodity ou good)
ultra-compétitive. Voilà qui est, en effet, parfaitement renversant. Nous vivons une bien curieuse époque.