Le dossier Volkswagen Forest a connu son épilogue le mardi – noir ? – du 27 février 2007. Soumis à référendum auprès des ouvriers et employés restés sur le carreau, le "plan industriel", signé la veille par les syndicats, a été approuvé par une très large majorité de 1.631 voix. Seront, donc, "sauvés", 2.200 travailleurs (au préalable savamment divisés, en tant que classe) auxquels on a promis une sécurité d’emploi jusqu’en 2010 en échange d’un passage de 35 à 38 heures/semaine – le tout emballé par une promesse de "bonus" variable, calculé sur "la productivité, la qualité, les coûts par voiture et le taux de présence" du travailleur méritant, au passage radicalement robotisé. C’est bien joué. En Allemagne, en novembre 2006, au siège historique de Wolfsburg, des travailleurs ont accepté la même chose et, en récompense, hérité de la Golf, jusque-là assemblée à Bruxelles. Pas besoin de petit dessin. Le revers de Wolfsburg annonçait celui de Bruxelles. Comment la presse bourgeoise commente-t-elle cela ? Elle dit qu’en votant oui, les travailleurs ont "choisi la voie de la sagesse" – la sagesse de la bête traquée, acculée par une meute de gentlemen à cheval sonnant l’hallali ? Et elle dit, concernant le passage à 38 heures, que "concrètement, le salaire net des travailleurs ne devrait pas être raboté" – ils doivent juste travailler plus pour le même montant. Le raisonnement est délicieux. A ce compte, on pourrait demander à tous les travailleurs employés à mi-temps de passer à plein temps – et y ajouter les weekends, pourquoi pas ? – pour le même salaire "non raboté"... On dit merci à qui, là ?

Source : L’Echo du 28 février 2007.