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Belwatch : Observatoire des entreprises

Adidas lâche ses ouvriers chinois, pas le marché

Adidas, n°2 mondial dans l’équipement sportif, a décidé de transférer progressivement une partie de sa production d’articles de sport vers d’autres pays asiatiques. Une première usine a déjà vu le jour en Inde et d’autres devraient suivre au Laos, au Cambodge et au Vietnam d’ici peu. Selon Herbert Hainer, directeur exécutif du géant allemand, la raison de cette délocalisation est simple: les salaires chinois, fixés en partie par le gouvernement, sont devenus trop chers. Un avis que ne partage pas la Campagne Play Fair qui, dans un rapport d’avril 2008, dénonçait les conditions salariales déplorables des ouvriers chinois actifs dans les ateliers des grands équipementiers. Des salaires, toujours selon la Campagne, bien en dessous d’un "salaire vital"en Chine. Si Adidas se désintéresse aujourd’hui des travailleurs chinois, il en va tout autrement des consommateurs du pays. Ainsi, depuis le début 2008, Jeux Olympiques aidant, le chiffre d’affaires de la firme allemande a déjà atteint plus d’un milliard de dollars avec des ventes qui ont cru de 50% cette année. Un marché gigantesque donc, qui ne concerne sans doute pas les ouvriers d’Adidas, qui perdront bientôt leurs emplois. Mais, ceux-là ne font de toute façon pas partie de la stratégie du groupe qui vise, selon son directeur exécutif, à séduire les nouveaux "consommateurs urbains". L’explication des inégalités économiques grandissantes au sein de la société chinoise est donc aussi à chercher du côté des maisons mères des grandes multinationales au Nord.

Source : Les Echos du 29/07/2008 et le site de Trends Tendance à l’adresse:
http://www.trends.be/fr/economie/entreprises/12-1634-45936/la-chine--trop-chere-pour-adidas.html#topPage
et le site de la Campagne Play Fair 2008 à l’adresse: http://www.playfair2008.org/docs/Surmonter_les_obstacles.pdf

Traitement Gresea : 31 juillet 2008