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Marks
& Spencer et Cour européenne de justice contre... le
fisc
En
guerre depuis 2001 contre le fisc britannique, le groupe de grande
distribution Marks & Spencer a remporté, en décembre
2005, une victoire pour le moins étonnante en raison de la
qualité de son allié, la Cour de justice européenne.
Le 13 décembre 2005, la haute Cour a en effet pris un arrêt
déclarant fondée la technique consistant, pour Marks
& Spencer, de déduire de ses impôts payés
en Grande-Bretagne les pertes subies par ses filiales étrangères.
En 2001, pour mémoire, M & S a arrêté ses
activités, déficitaires, en Allemagne, en France et
en Belgique. La Cour, toute acquise au credo de libre concurrence,
justifie sa décision en estimant que le fisc britannique,
en s'opposant au montage d'ingénierie fiscale de M &
S, introduit une "restriction à la liberté d'établissement"
car, ce faisant, elle "dissuade de créer des filiales
dans d'autres Etats membres". (Les pertes des filiales britanniques
étant, elles, déductibles au regard du fisc.) Ainsi
que l'a noté le juriste Gianmarco Monsellato, cet arrêt
représente une atteinte "au principe de territorialité
de l'impôt et donc à la souveraineté fiscale
des Etats" et, partant, la consécration, de facto, de
la création d'un "système fiscal européen,
ce qui va dans le sens de l'harmonisation fiscale voulue par Bruxelles".
Dit autrement: la Cour fait le jeu de la Commission (gouvernement
des juges + gouvernement des technocrates) en dehors de tout débat
parlementaire démocratique.
Source:
Le Figaro, 14/12/2005
Traitement Gresea: 23 janvier 2006
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