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Le concept Carrefour: une machine à sous

Numéro deux mondial de la distribution, Carrefour connaît des problèmes de rentabilité. C'est lié à son concept. Carrefour se donne une image de grand magasin et c'est ce qu'on retient, en général. Mais s'il n'était que cela, pourquoi irait-il ouvrir des supermarchés aux quatre coins du monde, toujours plus, cela rime à quoi? A faire toujours plus d'argent. C'est le problème de Carrefour, il n'en fait pas assez. Son PDG, José Luis Duran, l'a appris à ses dépens. Viré en juillet 2008 pour n'en avoir pas ramené assez. Les vrais patrons de Carrefour n'étaient pas contents: le fonds spéculatif américain Colony Capital et Bernard Arnault du groupe LVMH, qui détiennent ensemble 13,5% du capital de Carrefour. En 2007, ils ont payé le ticket d'entrée 50 euros l'action et depuis elle dégringole. En octobre 2009, elle ne vaut plus que 31 euros. Ils ont donc changé de PDG. Ils ont pris Lars Olofsson, un dirigeant de Nestlé. A charge pour lui de redonner du lustre au concept Carrefour: pas un grand magasin, mais une machine à sous. Là, il est à dure école. Bel exemple avec le retrait de Carrefour du marché russe, où il disposait de deux hypermarchés. La grande surface moscovite a été inaugurée le 18 juin 2009. Carrefour se disait alors "croire au potentiel russe". Le 8 octobre 2009, Olofsson affirmait encore avec une belle assurance qu'il allait beaucoup miser "sur la Chine, le Brésil, la Russie et l'Inde". Volte-face moins d'une semaine plus tard, le 15 octobre, lors de la présentation du chiffre d'affaires trimestriel, plutôt mauvais. Carrefour annonce son retrait de la Russie parce que – défense de rire – la présence de Carrefour là-bas "était en contradiction avec la stratégie du groupe". La nouvelle, notait tel journal financier, "a jeté le trouble au sein de la communauté financière". Même chose pour Olofsson, sans doute. Cela rime à quoi? Pas compliqué: à faire entrer de l'argent d'un claquement de doigts, en cédant des actifs, car tel est le concept Carrefour. Olofsson a encore beaucoup à apprendre. Il n'est PDG que par procuration.

Souce: Financial Times du 9 octobre 2009 et Le Monde du 17 octobre 2009.

Traitement Gresea: 26 octobre 2009.