Les investissements
de Tractebel (Groupe Suez) au Brésil dans le secteur de l'énergie
constituent une sorte de cas d'école des problèmes soulevés
par les activités des sociétés transnationales dans le
tiers-monde. Au départ, ce dossier peut apparaître comme l'illustration
d'une sympathique initiative du secteur privé ayant pour effet de développer
l'économie d'un pays lointain affligé par la pauvreté.
Après tout, il s'agit de la construction d'un barrage, au centre-ouest
du Brésil, à Cana Brava, donc de l'énergie hydroélectrique,
une source renouvelable et propre.
Au départ,
cependant, c'est une toute autre image qu'on en reçoit. C'est l'image
de personnes déplacées, priées (par des méthodes
musclées) d'aller se loger ailleurs, d'aller au diable en échange
d'une maigre compensation financière, voire rien du tout. Et très
vite l'image devient complexe. De l'énergie, pour qui, pour quoi faire?
Des ouvrages de génie civil, avec quelles techniques, importées,
parachutées ou associées au savoir-faire local? Des gros sous,
qui sont contrôlés par qui et qui contrôlent qui? Des aides
publiques, qui servent à quoi? Et puis: quel développement? Et
puis, et puis, le droit des gens, des peuples: qu'en advient-il? De nombreuses
mobilisations populaires se sont formées ces dernières années
pour contester la privatisation de l'eau et revendiquer pour cette ressource
vitale le statut de bien public. L'énergie, n'est-ce pas un peu la même
chose? Pour Suez, réponse affirmative: eau et énergie, c'est du
business...
Lancé
de manière informelle par un noyau d'ONG constitué du NCOS (campagne
11.11.11 flamande), de Proyecto Gato, d'Entraide et Fraternité et du
GRESEA, cette réflexion-action est en cours de structuration et, concrètement,
autour du second barrage que Tractebel projette de construire à partir
de 2006 à Estreito, en aval de Cana Brava. Bilan d'étape:
- A la demande
du NCOS et d'Entraide et Fraternité, le GRESEA a réalisé,
en janvier 2005, un rapport (voir ci-contre) qui dresse un état des lieux
général de la problématique des barrages au départ
du cas de Tractebel-Brésil.
- Déjà
en mai 2003, le GRESEA avait jugé exemplatif le cas des résistances
populaires au barrage de Cana Brava: il a fourni la matière première
du second
numéro de notre lettre d'information sur la responsabilité
économique des entreprises.
- On trouvera
aussi beaucoup d'informations, en néerlandais, sur les sites du NCOS
(http://www.11.be/index.php?option=content&task=view&id=2145)
et de Proyecto Gato (http://www.proyectogato.be).