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Investissements directs à l'étranger
Nos interventions 2008-2009

Les investissements de Tractebel (Groupe Suez) au Brésil dans le secteur de l'énergie constituent une sorte de cas d'école des problèmes soulevés par les activités des sociétés transnationales dans le tiers-monde. Au départ, ce dossier peut apparaître comme l'illustration d'une sympathique initiative du secteur privé ayant pour effet de développer l'économie d'un pays lointain affligé par la pauvreté. Après tout, il s'agit de la construction d'un barrage, au centre-ouest du Brésil, à Cana Brava, donc de l'énergie hydroélectrique, une source renouvelable et propre.

Au départ, cependant, c'est une toute autre image qu'on en reçoit. C'est l'image de personnes déplacées, priées (par des méthodes musclées) d'aller se loger ailleurs, d'aller au diable en échange d'une maigre compensation financière, voire rien du tout. Et très vite l'image devient complexe. De l'énergie, pour qui, pour quoi faire? Des ouvrages de génie civil, avec quelles techniques, importées, parachutées ou associées au savoir-faire local? Des gros sous, qui sont contrôlés par qui et qui contrôlent qui? Des aides publiques, qui servent à quoi? Et puis: quel développement? Et puis, et puis, le droit des gens, des peuples: qu'en advient-il? De nombreuses mobilisations populaires se sont formées ces dernières années pour contester la privatisation de l'eau et revendiquer pour cette ressource vitale le statut de bien public. L'énergie, n'est-ce pas un peu la même chose? Pour Suez, réponse affirmative: eau et énergie, c'est du business...

Lancé de manière informelle par un noyau d'ONG constitué du NCOS (campagne 11.11.11 flamande), de Proyecto Gato, d'Entraide et Fraternité et du GRESEA, cette réflexion-action est en cours de structuration et, concrètement, autour du second barrage que Tractebel projette de construire à partir de 2006 à Estreito, en aval de Cana Brava. Bilan d'étape:

- A la demande du NCOS et d'Entraide et Fraternité, le GRESEA a réalisé, en janvier 2005, un rapport (voir ci-contre) qui dresse un état des lieux général de la problématique des barrages au départ du cas de Tractebel-Brésil.

- Déjà en mai 2003, le GRESEA avait jugé exemplatif le cas des résistances populaires au barrage de Cana Brava: il a fourni la matière première du second numéro de notre lettre d'information sur la responsabilité économique des entreprises.

- On trouvera aussi beaucoup d'informations, en néerlandais, sur les sites du NCOS (http://www.11.be/index.php?option=content&task=view&id=2145) et de Proyecto Gato (http://www.proyectogato.be).