Meilleurs vœux…
Prix de l’énergie et des produits d'alimentation de base qui explosent,
Turbulences financières en cascade qui persistent, causées par la bulle immobilière aux Etats-Unis,
Premiers effets mesurés et vulgarisés du gâchis environnemental et des atteintes aux droits des travailleurs au Nord comme au Sud…
L’année 2007 fut de nouveau riche en enseignements quant à la violence faite aux peuples par un système économique qui semble, plus le temps passe, atteindre les limites du soutenable.
Le Gresea vous souhaite néanmoins une année 2008 placée sous le signe de la solidarité et de l'esprit critique. Droit fondamental: la liberté de pensée est toujours la liberté de penser différemment, comme disait une pionnière du mouvement ouvrier.
SOMMAIRE
Observatoire des Entreprises : Arcelor Mittal, Deutsche Post, Viking Lines & Co.
Dans un contexte d’inquiétude profonde à propos des salaires et du pouvoir d’achat, la décision du gouvernement allemand d’imposer un salaire minimum à tous les acteurs (privé comme public) du secteur postal peut paraître logique . Elle est pourtant très loin de faire l’unanimité. Du côté des entreprises privées du secteur, c'est "l'avantage comparatif" qui vole en éclat et, du côté de la Banque Centrale Européenne (BCE), on parle d'atteinte aux axiomes de l'orthodoxie budgétaire. Outre la question du salaire minimum, cette affaire contribue également à susciter un autre débat, celui de la souveraineté de l’Etat. Un Etat bénéficie-t-il encore, aujourd’hui, d’une marge de manœuvre assez large pour prendre des mesures afin d’assurer des standards sociaux (des salaires décents par exemple) sur son territoire, sans pour cela se voir condamner soit par les entreprises, soit par les pouvoirs supranationaux, acquis au discours dominant ? Le parlement allemand est, lui, resté de glace et a voté à une majorité écrasante l’extension du salaire minimum aux acteurs privés. La BCE appréciera.
La souveraineté, voilà bien un concept chevillé au corps des autorités chinoises. Ainsi, Arcelor Mittal qui négociait depuis 2006 une prise de participation au capital de Laiwu Steel, 8ème sidérurgiste chinois, s’est vu éconduire par les autorités du pays. Motif invoqué : Arcelor Mittal serait déjà suffisamment représenté dans le pays. Et si l’émergence de la puissance chinoise sur la scène internationale avait pour effet de remettre l’Etat au centre des relations économiques. Lakshmi Mittal, non plus, n’apprécie sans doute pas.
Par contre, si le processus de soumission du travail au capital restait la norme, les travailleurs n’auraient d’autres choix que de résister par l’arme de la solidarité. Ainsi, les marins finnois, soutenus par la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), ont introduit une plainte devant la Cour de justice européenne pour dumping social à l’encontre de la société de ferry Viking Lines. Celle-ci avait placé un de ses navires sous pavillon estonien afin d’engager des marins à bas salaires. La Cour de justice européenne n’a pas tellement apprécié la pratique de l’entreprise finnoise.
Ont également été traités en ce mois de décembre : Airbus, Carrefour, Fanerdun, Laval, Maxi Toys, News Corp, Pechiney, Philips et Wikipédia
L’Angle mort : "AGSC ! Idéologie et économie, même combat ?"
Lorsque l'on se penche sur le dossier de l'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) et que l'on cherche quelque secours du côté de la science économique, on se heurte à une abondante littérature qui vante les bienfaits de la concurrence dans le secteur des services. Cependant, force est de constater que les économistes n'ont pas toujours développé un tel point de vue. Bien au contraire. Ainsi, au 19ème siècle, on estimait que certains monopoles étaient naturels. Aujourd’hui, peu (trop peu ?) d’auteurs osent encore tenir de tels propos. Que justifie un tel renversement de la pensée économique ? Voir les contours d’un débat auquel le Gresea a apporté sa contribution lors du 8ème festival du film d’Attac. Pour mieux comprendre les mécanismes sociaux qui ont contribué à cette évolution de la pensée économique moderne, cliquez ici.
L’Angle mort : "Décroissance : apocalypse now ? Petit détour par les faits"
Promue à grand renfort d’effets de manche médiatiques, la décroissance est, aujourd’hui, un thème porté par de nombreux cercles altermondialistes ou écologiques. La décroissance, c’est tout d’abord une théorie critique du discours politique dominant qui désigne la croissance du PIB - et donc de la consommation - comme étant l’objectif ultime des sociétés modernes. En d’autres termes, il s’agit pour les "décroissants" de sortir du seul raisonnement économique, en terme de PIB ou d’IDH (indicateur du développement humain), afin d’aborder les différentes problématiques du développement durable. Cependant, comme toute solution à caractère universel, la théorie de la décroissance, comme celle de la croissance d'ailleurs, exige un examen critique approfondi. Et ce, pas seulement d’un point de vue occidental. Pour un examen critique de la décroissance, cliquez ici.
Tribune Sud : Pour sortir de l’eurocentrisme dans l’enseignement des sciences sociales
Si les textes de critique et de résistance aux diverses formes de colonialisme et de néocolonialisme fournissent à la réflexion une matière abondante du point de vue économique, social et politique, il est plus rare d'en trouver qui s'attaquent à la dimension culturelle - idéologique, dirait-on auparavant - de la domination occidentale sur le Tiers-monde. L'article publié en février 2005 dans le numéro 173/174 du mensuel Resurgence (Third World Network) par Syed Farid Alatas, professeur au département de sociologie de l'Université nationale de Singapour (Malaisie), est de ceux-là, assez rares pour mériter une large diffusion. C'est pourquoi le Gresea a jugé utile et nécessaire de le traduire en français. Pour des sciences sociales moins "eurocentrées", cliquez ici.
En débat sur Newsflash : Berkeley, la silicone valley des agrocarburants
L’université californienne de Berkeley va recevoir 500 millions de dollars sur 10 ans de la part de la multinationale pétrolière British Petroleum afin de développer la recherche sur les agrocarburants de seconde génération. Le gouvernement américain, soucieux de se défaire de sa dépendance au pétrole, est également partie prenante du projet à hauteur de 350 millions de dollars. Cette entrée de la société britannique sur le campus de la célèbre université n’est pas au goût de ses étudiants et professeurs qui y voient un projet aux finalités peu écologiques et aux conséquences désastreuses pour les peuples du Sud. Enfin, les enseignants craignent également la perte de leur indépendance académique. BP va-t-elle également choisir l’intitulé des cours ? Pour mieux comprendre comment une entreprise assure la pérennité d’un système énergétique en y formant les cadres de demain, voyez notre newsflash n°37.
Education introvertie: la "responsabilité" des associations, en débat…
En juin 2006, quelques unes des plus grandes ONG (dont Oxfam, dont Amnesty, dont Greenpeace) ont signé et rendue publique une International NGO Accountability Charter (charte internationale de responsabilité sociale des ONG), un code de conduite éthique, pour appeler un chat, un chat. Des ateliers de réflexion et interviews auprès de responsables du monde associatif se sont multipliés, sous l'égide de la Fondation pour les Générations futures, en partenariat avec la Fondation Charles Léopold Mayer, la Fondation Bernheim, le Gresea et le Centre d'études et d'action pour la cohésion sociale. Ces travaux ont donné lieu à une brochure intitulée "Coalitions citoyennes: comptables de leurs projets", rédigée par le Gresea. Elle a fait l'objet d'une présentation et d'un débat lors du colloque international "Droit, gouvernance et développement durable – Les nouveaux chemins de la responsabilité" qui s'est tenu les 25 et 26 octobre aux Facultés universitaires Saint-Louis. Ce document de discussion est téléchargeable sur le site du Gresea, en français et en anglais. Il est également disponible, en un nombre d'exemplaires limités, dans sa version originale, et civilisée, couchée sur papier (40 pages). Pour l'obtenir, dans les limites du stock, merci de nous envoyer un courrier, 11, rue Royale à 1000 Bruxelles ou par courriel, gresea@skynet.be
Réalisation : Bruno Bauraind
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