Nous vivons dans un monde inondé d'informations et, sur Internet, de pages sans cesse mouvantes. D'où cette lettre d'information mensuelle qui vise, de manière synthétique, à offrir une vue d'ensemble des nouveautés mises en ligne sur notre site durant le mois écoulé. Vos avis et commentaires sont bien entendu les bienvenus.
SOMMAIRE
Tribune Sud: "Signe des temps" par l’évêque brésilien Pedro Casaldáliga
Pendant que le socialisme européen panse les plaies de ses derniers échecs électoraux en France, en Italie et à Londres, alors qu'il tente outre-Quiévrain une hypothétique refondation sous le prisme théorique d’une "économie sociale de marché régulée" (textuel), plusieurs partis progressistes en Amérique latine relèvent les défis du 21ème siècle en réussissant l’alliance entre gauche séculière et religieux progressistes. Dans ce cadre, l’euphorie provoquée par la récente victoire de l’évêque Fernando Lugo, au Paraguay, nous offre une raison supplémentaire de publier la lettre circulaire "Signe des temps" que l'évêque émérite brésilien Pedro Casaldáliga a rendue publique le 1er avril 2008. C'est un parler vrai, un parler juste susceptible de faire rougir les gauches européennes, dans les deux sens du terme.
Observatoire des Entreprises: Renault, Arcelor Mittal, Sinterama & Co.
Les émeutes de la faim éclatent presque quotidiennement un peu partout dans les pays les plus pauvres de la planète. C'est, face aux caméras, la détresse d’une partie croissante de la population mondiale.
L’inflation des prix alimentaire et énergétique occulte cependant l’autre face de la crise : des salaires trop bas pour de nombreux travailleurs à travers le monde. Car cette crise est aussi révélatrice de la faiblesse du pouvoir d’achat de l’agriculteur africain, de l’ouvrier asiatique et même du travailleur européen. Cela, ça ne date pas d’hier.
La mise en concurrence mondiale des travailleurs par les entreprises transnationales a pour conséquence une pression sur les salaires des travailleurs qui, aujourd’hui, au moindre choc inflationniste, risque de se retrouver dans la gêne.
En ce mois d’avril, l’Observatoire des entreprises du Gresea attire de nouveau l’attention du citoyen critique sur les processus caractéristiques du système économique mondialisé qui touche aussi bien les travailleurs du Sud que ceux du Nord.
Voir ainsi l'action collective des ouvriers de Renault en Roumanie (Dacia) qui refusent, par une grève de longue durée, d'endosser leur rôle de travailleurs à bas salaires.
Voir encore les mineurs d'Arcelor Mittal au Kazakhstan qui ne supportent plus de descendre dans les mines vétustes du géant de la sidérurgie pour 633 euros par mois.
Voir enfin le cas de Sinterama, leader européen du fil en polyester, qui propose à ses travailleurs français un reclassement au Brésil ou en Turquie au salaire local, respectivement 315 et 250 euros par mois
Ont également été traités en ce mois d’avril : Beckett Brown International, -Campina, Shell, Philips et Unilever-, EADS, Lidl, -Opel Piret et Wal-Mart-, Tesco.
L’Angle mort: Les institutions internationales dans la mondialisation
Souvent décriées par les organisations de solidarité internationale en tant que principales responsables de l’intégration forcée des pays du Tiers-monde dans "l'économie mondialisée", les institutions internationales telles le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM) ou encore l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) restent néanmoins souvent mal connus. Historiquement chargés de la reconstruction de l’Europe, le FMI et la BM ont largement participé depuis lors, aux côtés de l’OMC, à la libéralisation progressive et inégale des échanges commerciaux sur la scène internationale. Aujourd’hui, certaines de ces institutions font face à une grave crise financière et de légitimité. Pour mieux comprendre le rôle joué par ces institutions dans la mondialisation,
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Enjeu économique: crise alimentaire et contes de fées
Spéculation sur les matières premières, production industrielle d’agrocarburants, évolution du modèle de consommation des pays émergents et mauvaises récoltes dues aux changements climatiques, les causes de la crise alimentaire qui frappe les populations des Etats les plus pauvres sont aujourd’hui largement connues. Pourtant, quand on en vient à disserter des solutions, il y a comme un écran de fumée. Ainsi, le FMI par l’entremise de son patron, Dominique Strauss-Kahn, prêche la bonne gouvernance aux Etats du Sud pendant que Georges W. Bush mandate une ONG pour faire de l’alphabétisation financière… Pour lever un coin de voile sur les brouillards entourant la crise alimentaire mondiale, voyez notre Newsflash n°41.
Enjeu Nord-Sud: l’Afrique, terre des safaris
Si le continent africain et sa population restent largement en marge de la mondialisation, ils sont paradoxalement au centre de toutes les convoitises commerciales. C'est l'Union européenne avec ses accords de "partenariats" économiques (APE). C'est la Chine devenue le second partenaire commercial de l’Afrique. Et ce sont les Etats-Unis qui, eux, jouent la carte du "partenariat"… militaro-humanitaire: deux vaisseaux de guerre cabotant aux larges des côtes du Golfe de Guinée ont été dépêchés pour répandre la bonne parole. Le safari, pas mort, comme il ressort de notre Newsflash n°42.
Archives actives: "Third World Resurgence"
Parmi les publications tiers-mondistes qui prennent le contre-pied du discours euro-centrique, il y a lieu d'épingler Third World Resurgence, dont la dernière livraison offre un décodage "Sud" (anti-tribaliste) de la crise kényane, des analyses sur les ondes de choc de la bulle financière américaine et, comme à l'ordinaire, un suivi bien informé des malheurs (orchestrés, génocidaires) du peuple palestinien. "Resurgence" est le mensuel du réseau international Third World Network (Malaisie - www.twnside.org.sg). Il est disponible à notre centre de documentation.
Réalisation : Bruno Bauraind |