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Lettre d'information du GRESEA ...
Un autre monde, c'est penser autrement
juin 2008
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Nous vivons dans un monde inondé d'informations et, sur Internet, de pages sans cesse mouvantes. D'où cette lettre d'information mensuelle qui vise, de manière synthétique, à offrir une vue d'ensemble des nouveautés mises en ligne sur notre site durant le mois écoulé. Vos avis et commentaires sont bien entendu les bienvenus.

SOMMAIRE

Langage et idéologie: le concept de "développement"

Le langage de tous les jours fourmille de mots dont le sens est beaucoup plus chargé que celui que donnent, dans leur approximative neutralité, les dictionnaires. Ils sont chargés d'une histoire, naturellement, mais ils sont chargés, aussi, d'une filiation idéologique que l'usage courant en général masque. Le concept de développement est de ceux-là. Son utilisation doit se faire en connaissance de sens. Celui de ses racines historiques et idéologiques. Seules la précision et la rigueur dans l’utilisation des concepts de l’économie monde permettent d’éviter les raccourcis, les lieux communs et leurs malheureuses répercussions sur le débat public.
On peut être le jouet des mots, on peut aussi les maîtriser, de la même manière qu'on peut être le jouet du destin ou, à l'inverse, chercher à le dominer. C'est, depuis ses origines, une des missions de l'éducation populaire et citoyenne.
Ainsi, en ce mois de mai,  le Gresea propose une première  fiche signalétique du concept de développement et un texte complémentaire invitant à la compréhension de ses enjeux.

Observatoire des Entreprises: KBC, TCI & Co.

Crise de l’immobilier aux Etats-Unis, envolée des prix de certaines denrées alimentaires… Sur le banc des accusés: des acteurs dont on ne sait souvent pas qui ils sont ni ce qu'ils font. Le spéculateur serait, en partie,  responsable de l’augmentation du prix des matières premières actuellement. Comment ? En "cornérisant" (accaparant) le marché. La technique est simple, il s’agit pour ces fonds d’investissement, ces banques ou ces traders de stocker des millions de tonnes d’une matière première afin de créer une rareté fictive sur le marché. Le tour est joué, les cours boursiers s’affolent et le spéculateur peut  vendre au meilleur prix.

Derrière ces fonds d’investissement, ces banques ou ces entreprises, il y a des hommes d’affaires, des traders ou, plus simplement, de simples citoyens. Ainsi, les clients de la KBC se sont vu proposer d’assurer leur vie sur la faim des peuples du  Tiers-monde . Fort heureusement, avoir une âme de financier, ce n’est pas donné à tout le monde. C’est d’ailleurs sur plainte de ses clients que la KBC a aujourd’hui retiré son produit.

Autre pratique des grands spéculateurs, prendre le contrôle d’entreprises pour s’assurer des dividendes importants en investissant à court terme. Une économie casino sans perspectives. Dans ce cadre, le fonds spéculatif britannique TCI, en voulant augmenter sa participation dans le capital de l’entreprise énergétique japonaise,
J-Power, est tombé sur un os en la personne de l’Etat nippon
.

Ont également été traités en ce mois de mai : agrocarburants, American Axle et General Motors, Arcelor Mittal, Punselie, Mars, Wrigley, Cadbury et Hershey et  Renault.

Enjeu nord-sud: La Birmanie, cible d’un colonialisme humanitaire ?

La Birmanie ne quitte plus le haut de l'affiche médiatique. Octobre 2007, en Europe et aux Etats-Unis, on s'indigne de la répression des moines bouddhistes par les militaires au pouvoir à Rangoon. Mai 2008, mêmes indignations devant le refus du gouvernement birman de laisser entrer l'aide d'urgence occidentale après le passage dévastateur du cyclone Nargis. Cependant, entre indignation à but humanitaire et ingérence politique, la frontière est parfois mince. Pour une vision moins manichéenne des relations internationales,
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Mémoire collective: Actualité de l’impérialisme - goodbye oncle Sam ?

Depuis l'implosion de l'Union soviétique en 1993, les peuples du monde ont été invités à prendre part, à marche souvent forcée, au projet libéral. Un seul projet politique, un seul modèle économique, un seul monde. A la tête de l'ensemble, les Etats-Unis et les institutions de Bretton Woods, "brillants vainqueurs" de la Guerre froide. Aujourd'hui, l'hégémonie semble s'effriter. Les clients du Fonds monétaire international (FMI) remboursent et la suprématie américaine tient surtout de sa puissance militaire. Pour un tour d’horizon de la géopolitique impériale,
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Autre monde: Mai 68-Mai 2008, où en est le mouvement de balancier ?

Que reste-t-il de mai 68? Rarement un événement historique aura subi tant d’attaques et de louanges lors de son 40ème anniversaire. Le président Sarkozy tient l’héritage de mai 68 responsable du mal-être de la société française actuelle et d'anciens grands pourfendeurs du capital et du conservatisme brûlent aujourd’hui les idées progressistes sur la place publique. Il y a des raisons à cette hargne? Là, ça devient intéressant. La lecture de l'histoire n'est jamais anodine et, toujours,  intimement liée au présent. Le retour d'une critique radicale du discours économique dominant (et, plus concrètement, l'alternative bolivarienne en Amérique latine) ne serait-elle pas à l'origine des crispations oratoires du moment? Le retour des idées dans le champ de l’économie n’est pas pour plaire à tout le monde. Pour élargir la grille de lecture de cet anniversaire surexposé,
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L’Angle mort: L’industrie automobile, une économie durable ?

Alors que la voiture est cause de près de 20% des émissions de gaz à effet de serre – et que la nécessité d'un développement plus durable, plus respectueux de l'être humain et de son environnement apparaît comme une urgence – les récentes estimations du Fonds monétaire international (FMI) prévoient cinq fois plus de voitures sur la planète en 2050… L'industrie automobile a pris la balle du défi climatique au bond. A grands coups d'évolution technologique, la voiture se met au vert et les constructeurs s'ouvrent un nouveau marché. Cependant, derrière l'écran de fumée pseudo-écologique, en filigrane, s’écrit sans doute la mort du développement durable. Pour une analyse critique des réponses de l’industrie automobile au défi climatique,
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En débat sur Newsflash: Voici la recette d’une bonne politique de développement

Prenez une institution internationale spécialisée dans le développement, la Banque mondiale. Ajoutez, sous la férule d'un prix Nobel, des centaines de chercheurs universitaires et quelques chefs d’Etat. Agitez le tout durant deux années. Commander ensuite le rapport sur la croissance mondiale qui en est sorti. En voici la miraculeuse conclusion, "la croissance doit être mue par le marché, sauf dans les cas où elle devrait être dirigée par les gouvernements"… Pour une mise en débat par l’absurde de l’utilité des experts en développement,
voyez notre newsflash n°43.

Réalisation : Bruno Bauraind