Nous vivons dans un monde inondé d'informations et, sur Internet, de pages sans cesse mouvantes. D'où cette lettre d'information mensuelle qui vise, de manière synthétique, à offrir une vue d'ensemble des nouveautés mises en ligne sur notre site durant le mois écoulé. Vos avis et commentaires sont bien entendu les bienvenus.
SOMMAIRE
Observatoire des Entreprises: Mecachrome, Mattel, Total & Co
Depuis des mois, la presse vous le répète, plus rien ne tourne rond dans le grand cirque de l’économie libérale. Une évolution néanmoins. Il y a quelques mois, la panique surchauffait les pacemakers des opérateurs de marché et dévissait les cours de bourse des grandes banques et autres investisseurs institutionnels. Tout cela, pour le commun des citoyens, c’était un peu irréel. Aujourd’hui et de façon croissante, la crise après avoir rongé le bas de laine des parieurs en tous genres s’attaque aux travailleurs de l’économie dite réelle. La crise devient palpable…
Ainsi, c’est l’ensemble de la chaîne de production automobile qui s’enrhume face au recul des ventes de voitures aux Etats-Unis et en Europe principalement. Dans ce cadre, les travailleurs de l’entreprise familiale Mecachrome, sous-traitant pour les secteurs automobile et aéronautique, sont suspendus aux résultats de leurs principaux clients: Renault, Airbus ou encore Porsche.
Même le plus grand atelier du monde subit de plein fouet les calculs à la baisse de ses commanditaires occidentaux. Ainsi, les 7.000 travailleurs du Smart Union Group, sous-traitant chinois de Mattel et de Disney, se sont retrouvés sur le carreau.
Une des causes de la propagation de la crise des hautes sphères de la finance vers les ateliers automobiles, ce sont des banques qui ne prennent plus aucun risque. Dans ce contexte, il peut être intéressant de noter que Total, major du pétrole, soutient les PME en leur accordant des prêts. Après la France depuis 1978, Total prévoit d’ici 2010 de soutenir des entreprises en Italie, au Congo ou encore au Cambodge. Quand les grands acteurs de l’économie boivent la tasse, il vaut peut-être mieux investir ses énormes marges bénéficiaires dans ce qui est petit et créatif ? L’avenir le dira à Total.
Ont également été traités en ce mois de novembre : British Rail, Colony Capital, GlaxoSmithKline, Daewoo, Unilever et…la presse américaine.
Groupe Politiques de Développement : "Mise en perspective de l’homme économique occidental"
La dernière conférence-débat organisée par le Groupe "Politiques de Développement", le 15 décembre 2008, de 9h30 à 12 heures aura pour thème "l’homme économique occidental". Le libéralisme, de plus en plus contesté, n’est pourtant que la pointe émergée d’une conception anthropologique globale qu’au fil des siècles l’Occident a élaborée. Celle-ci pose que l’univers social est régi par la préférence que chacun s’accorde à lui-même, par l’intérêt qui l’anime à entretenir les relations avec autrui, voire l’utilité qu’il représente pour tous. La définition de l’homme comme "machine à calculer" s’étend bien au-delà de la sphère étroite de l’économie. L’individu précède-t-il la société, ou est-ce plutôt l’inverse? Dans les temps de crise que nous traversons, le questionnement de notre développement peut-il faire l’économie de cette mise en perspective?
Cette conférence-débat sera introduite par l’historien français, Christian Laval.
Inscription gratuite mais obligatoire auprès du Gresea à l’adresse, gresea@skynet.be.
Economie politique: de quoi les supermarchés sont-ils les temples?
Pénétrer dans un supermarché, c'est faire le tour d'un palais des glaces, un concentré de l'économie mondialisée: la salle des machines, si on veut bien ouvrir les yeux. Dans le nouveau numéro de la revue Politique, daté de décembre 2008, le Gresea en a coordonné une visite guidée. Tour à tour, ainsi, Marc Vandercammen (CRIOC) dissèque le marketing architectural mis en place pour conditionner les achats du "citoyen-consommateur", le philosophe Bernard Stiegler ausculte l'humanité marchandisée en posant un diagnostic de toxicomanie tandis que le sociologue Rachid Bouchareb analyse la multiplication des superettes "sympas" comme l’ultime phase de contrôle social développé par les géants mondiaux de la grande distribution. Lieu d'expérimentation sociale de la nouvelle donne salariale – toujours plus dépréciée, le cas Carrefour vient de l'illustrer –, le supermarché concentre aujourd'hui les contradictions économiques de nos sociétés. Disponible dans toutes les bonnes libraires au prix de 6 euros à partir du 20 décembre, cet exemplaire de la revue Politique est proposé aux abonnés à notre lettre d'information au tarif "ami" de 4 euros, frais de port inclus. Il vous suffit pour cela de nous envoyer un courrier électronique en nous donnant votre adresse (gresea@skynet.be) – ou de nous téléphoner !
L’Angle mort: "Intérêts notionnels: petite mise au point"
Mise en application le 1er janvier 2006, la loi sur les intérêts notionnels du 22 juin 2005 n'a pas fini d'échauffer les esprits en Belgique. Exempter d'impôts les entreprises, cela n'a rien de naturel ni d'évident. Petit rappel qui nous permettra de retracer, dans les grandes lignes, la philosophie sous-jacente à la mise en œuvre des intérêts notionnels en Belgique. Pour mieux comprendre comment vider les caisses d’un Etat par un petit jeu d’écritures à destination des multinationales, cliquez ici.
Sur le front de la Démocratie économique: "Agrocarburants et sécurité alimentaire : une contradiction "
Dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale de la Ville de Bruxelles, le Gresea a présenté, le 13 novembre 2008, un diaporama pédagogique sur les agrocarburants, en association avec l'ASBL Transmissions lors de l'édition 2008 du Forum pour l'Action Sociale et Humanitaire sur le site de Tours et Taxis. L’intervention du Gresea, devant une trentaine d’élèves du secondaire, a permis de rappeler que les agrocarburants sont une contribution minime à la lutte contre le réchauffement climatique. Par contre, il a également été rappelé que les exportations de carburants verts du Sud vers le Nord constituent une industrie de la faim qui, aux plus beaux jours du mouvement tiers-mondiste, aurait été taxée de néocoloniale. Pour en savoir plus, cliquez ici.
Sur le front de la Démocratie économique: "Ecoliers et spéculation sur les matières premières"
Le mois passé, l'Athénée Royal de Florennes accueillait divers intervenants pour cerner la question du développement durable. Le Gresea était de la partie, le 5 novembre, pour une conférence-débat à destination d’étudiants de 15 à 18 ans, sur le lien entre la spéculation sur les marchés agricoles et la crise alimentaire de 2007. Un constat semble avoir particulièrement marqué les étudiants : la remise en cause du droit à l’alimentation, à l'échelle de populations entières, pour la maximisation des profits de fonds d'investissement disposant de sommes colossales. Pour en savoir plus, cliquez ici.
Sur le front de la Démocratie économique: "Les ONG invitées à l’introspection au 10ème anniversaire d’Acodev"
Pour marquer d'une pierre blanche son dixième anniversaire, Acodev, l'une des deux coupoles politiques des ONG francophones de Belgique, a invité ses membres à s'interroger sur leur légitimité. A la tribune et en ateliers, au deuxième étage de l'Arsenal à Namur, ils se sont tour à tour prêtés à l'exercice, justifier leur existence, leur programme politique, leurs méthodes pour l'exécuter. A chaque fois, avec le même fil conducteur: sont-ce là des éléments porteurs de "légitimité"? Auteur, en association avec la Fondation pour les générations futures, d'une étude sur le sujet Coalitions citoyennes : comptables de leur projet ?, le Gresea a tenté d'en brosser à grands traits l'anatomie théorique. Pour en savoir plus, cliquez ici.
En débat sur Newsflash: "Le FMI va tous nous sauver, comme Zorro ?"
Géant malade et discrédité, depuis 2002, le Fonds Monétaire International (FMI) en est réduit à vendre ses réserves en or, licencier son personnel et se chercher une nouvelle légitimité sur la scène internationale. Puis vint la crise financière. Un joli cadeau de la part des acteurs de la finance envers l’organisation internationale. Islande, Hongrie ou Biélorussie, enfin des clients pour le FMI. Les recettes restent les mêmes : privatisation du système bancaire, coupe claire dans les budgets nationaux et hausse du taux d’intérêt directeur. Par contre, les mécènes devraient aujourd’hui s’appeler Chine ou Arabie Saoudite. De ce côté, ça risque de coincer. Pour comprendre comment une crise peut changer la garde-robe d’un acteur délégitimé, voyez notre Newsflash n°49.
Réalisation : Bruno Bauraind |