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Electrolux
organise un match Italie-Suède
La
restructuration d'Electrolux, en 1997, constitue un cas d'école
de la mise en concurrence des travailleurs. A l'époque, dans
sa course à la multinationalisation (absorption de Faure
et Arthur Martin en France, de Merloni et de Zanussi en Italie puis
de l'allemand AEG, et entrée de Whirlpool dans son actionnariat),
Electrolux compte 105.000 salariés dans 60 pays et 150 usines
et... lance son énième plans de restructuration: 12.000
emplois à supprimer en deux ans. Présenté au
Comité d'entreprise européen, le plan soulignera que
le site suédois d'Alingsâs manifeste de fâcheux
"problèmes de compétitivité". Il
est donc placé sur la liste rouge. D'où, chez les
travailleurs suédois, présentation d'un train de mesures
(dont une
renonciation à toute augmentation salariale l'année
d'après) censée pallier le "déficit"
de compétitivité. Du coup, c'est le site de Vanoncello,
en Italie, qui fait figure de vilain canard: pas compétitifs,
les travailleurs italiens! Lesquels, pour éviter la liste
rouge, mettent en route un autre type de surenchère, en appelant
le ministère de l'Economie à la rescousse, car, en
absorbant Zanussi, en 1984, Electrolux s'était engagé
auprès de l'Etat italien de ne fermer aucune usine italienne
avant 1997. Là, cependant, on est en 1997. L'Etat italien
présentera donc son propre train de mesure "visant à
pallier les déficits de compétitivité: transfert
d'une partie de l'usinage en Hongrie et suppression partielle de
l'emploi à Vanoncello, 300 postes au lieu des 1.000 initialement
prévus. Il y a une morale à l'histoire? L'emploi a
été préservé, plus ou moins. Les travailleurs
ont perdu, beaucoup. Et Electrolux a gagné sur tous les tableaux.
Source:
Quynh Delaunay, "Comités de groupe européens
et internationalisme: le cas d'Electrolux", in "La mondialisation
en question", sous la direction de Jean-Claude Delaunay, L'Harmattan,
Paris, 1999.
Gresea
23 nov. 2005
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