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LE GRESEA COMMUNIQUE LE GRESEA COMMUNIQUE LE GRESEA COM Newsflash n°17, lan 2006 Panique au FMI : les clients remboursent! Les temps changent pour les grands argentiers de la finance internationale. De 1994 à 2002, le FMI passait son temps à “sauver” les pays en difficulté financière, intervenant sous toutes les latitudes en prêtant aux nations à court de liquidités. Il s'agissait, cela va de soi, de prêts conditionnés à des vagues de privatisation, de libéralisation et autres joyeusetés. Seulement voilà, la roue a tourné et les très capricieux flux de capitaux ont repris leur route vers les marchés émergents tant et si bien que certains Etats se sont mis à rembourser une partie du capital de leurs dettes. C'est le cas de l'Argentine et du Brésil. En Asie du Sud-Est, certains sont allés plus loin. Huit pays (Japon, Singapour, Indonésie, Chine, Malaisie, Philippines, Thaïlande et Corée du Sud) cumulent, à eux seuls, des réserves équivalentes à dix fois celles du FMI. Ces pays ont d'ailleurs décidé de mettre en commun une partie de ce trésor de guerre. Objectif : pouvoir éviter le phénomène de contagion à l'échelle régionale en cas d'éventuelle crise financière dans le futur. Bien évidemment, tout cela entraîne une perte de pouvoir pour le FMI qui ne pourra évidemment plus imposer ses conditions à tous ces pays en cas de pépins. L'afflux de capitaux vers le Sud rendant un peu moins pressant que par le passé tout recours au FMI, le portefeuille des prêts de ce dernier ne s'élève plus qu'à 35 milliards de dollars, ce qui le ramène à son niveau d'avant 1980 (soit avant les différentes crises de la dette). Rien d'étonnant donc à ce que dessine, nécessité oblige, "un projet de réforme" du FMI. Des spécialistes (surtout états-uniens) lui verraient bien jouer un rôle dans le règlement de la question des déséquilibres commerciaux. Cette réorientation quant aux buts et missions du Fonds est d'ailleurs saluée par son directeur. En lisant (à peine) entre les lignes, on voit clairement que l'excédent commercial chinois vis-à-vis des USA est visé. Problème : le gouverneur de la Banque Populaire de Chine, Zhou Xiaochuan, a déjà fait savoir qu'il n'était pas demandeur, maintenant la position chinoise qui exclut toute réévaluation du yuan afin d'alléger une partie du déficit américain. Devant cette quadrature du cercle, des voix s’élèvent au Sud pour revendiquer une mutation structurelle de la vénérable institution issue des accords de Bretton Woods. Très schématiquement, sont pointées du doigt la sous-représentation des pays du Sud dans les organes décisionnels du Fonds ainsi que son approche néolibérale en cas d’intervention. En attendant, faute de crises nécessitant que des prêts soient consentis, le FMI voit ses revenus fondre comme neige. Et là, on réalise tout de suite le côté un peu piquant de la situation : le puissant FMI devra-t-il s’imposer les cures d’amaigrissement que jadis il prônait pour autrui? Sources : Wall Street Journal, 21/04/2006 Gresea: 12/05/2006
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