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LE GRESEA COMMUNIQUE LE GRESEA COMMUNIQUE LE GRESEA COM Newsflash n°26 de, lan 2007 Banque du Sud : l'après-néolibéralisme aurait-il commencé? Le président vénézuélien , Hugo Chavez, s'est fait, depuis longtemps, l'ardent défenseur de la création d'une Banque du Sud. Objectifs avoués de l'entreprise: renforcer l'intégration latino-américaine et tailler des croupières au puissant binôme Banque mondiale-FMI dans la région. Ceci dit, jusqu'à présent, la Banque du Sud, c'était un peu l'Arlésienne de la finance internationale. Certes, le président argentin Nestor Kirchner soutient ce projet depuis le début. Soutien hautement symbolique, car depuis la crise de 2002 (effet tango), les dirigeants argentins ne portent plus guère les institutions de Bretton Woods dans leurs cœurs. Ce n'était guère cependant de nature à inquiéter les grands argentiers de la planète puisque l'Argentine n'est pas ce qu'on appelle une grande puissance (et le Venezuela encore moins). Bref, la Banque du Sud, c'était de l'utopie pure. Plus maintenant. Le week-end du 14-15 avril 2007, le Brésil, poids lourd de l'économie mondiale et leader régional, y a officiellement apporté son soutien, ce qui devrait conduire à porter la banque tiers-mondiste sur ses fonts baptismaux dans un futur proche. Le ministre brésilien des Finances a précisé que cette institution financière devrait fonctionner comme "une banque de développement" mettant ses pays membres sur un "pied d'égalité" en fonction de leur poids économique respectif. La précision n'a rien d'anodin. Elle correspond clairement à un mouvement de ras-le-bol généralisé dans la région à l'égard des diktats néolibéraux du FMI et de la Banque mondiale. L'exemple argentin est, en cette matière, des plus révélateurs. Depuis la crise de 2002, l'économie argentine s'est spectaculairement redressée en prenant systématiquement l'exact contre-pied des prescriptions supposées infaillibles des institutions financières internationales. On comprendra, dans ces conditions, que le FMI et la Banque mondiale aient perdu de leur superbe dans les capitales d'Amérique latine. Preuve de cette perte de prestige et de pouvoir: en 2006, l'Argentine, le Brésil et l'Uruguay remboursaient rubis sur ongle la plus grande partie du capital de leur dette. En clair, ces pays reprenaient leur liberté. Normal quand on n'est pas content de son banquier, on solde les comptes et on va voir ailleurs. Cet ailleurs, c'est la Banque du Sud, le bras financier de l'après-néolibéralisme en Amérique du Sud ? Source: Les Echos, 17 avril 2007 Gresea: 19 avril 2007 |