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Newsflash n°27 de, l’an 2007

Banque mondiale et pauvreté: un marketing avec des flops

L'Economist [28 avril 2007] est récemment revenu sur la formule magique de mesure de la pauvreté de la Banque mondiale (l'institution, à ne pas confondre avec ses divertissants cancans internes). Est extrêmement pauvre qui vit avec moins d'un dollar par jour. Est tout "simplement" pauvre qui vit avec moins de deux dollars. Soit dit en passant, piquant: une brève du Wall Street Journal [30 avril 2007] épingle le fait, relevé par trois agences des Nations unies, que la population de l'ex-bloc soviétique vit plutôt mal la transition vers l'économie de marché. Le primat donné à la croissance économique au détriment des services sociaux frappe surtout femmes et enfants – la moitié des habitants de cinq pays de cette région vivrait avec moins de deux dollars par jour. Saperlipopette. Et revoilà, donc, le concept du dollar quotidien. C'est, pour mémoire, l' invention, le coup de pub génial né en 1990 des calculettes d'un groupe d'économistes emmené par Martin Ravallion (London School of Economics): toute la misère du monde réduite à un seul chiffre, lui-même susceptible d'accueillir les élucubrations les plus savantes, comme celle, dernière en date, que cette piécette est souvent bien mal dépensée par ces grands enfants que sont les pauvres, en alcool, en tabac, en frivolités religieuses. Le coup de pub, il faut dire, c'est une spécialité à la Banque mondiale. Voir l'idée fantastique, émise dans son Global Economic Prospects 2007, que la croissance doublerait dans les 25 prochaines années, et que tout le monde ou presque sera dès lors heureux, grâce à la mondialisation du commerce et de la finance, quoi d'autre? L'économiste Robert Wade en a montré tout le ridicule dans le Financial Times [1 mai 2007], faisant notamment observer que le recul de la pauvreté mondiale observé depuis les années 1980 est dû entièrement au progrès social d'un seul pays, la Chine: "Enlevez la Chine, et le nombre a augmenté." Sans la Chine, depuis trente ans, on ne ferait donc que s'appauvrir. Globalement parlant, s'entend. Saperlipopette. On ne peut plus faire confiance à personne?

Gresea: 04 mai 2007