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Après
les coupes claires, Ford Genk rembauche des "précaires".
L'affaire est instructive. En 2003, Ford Genk supprime près
d'un tiers de ses effectifs, 3.000 sur 10.000. En arrière-plan,
des restructurations vers des pays à bas salaires (Turquie),
de coquettes aides publiques (50 millions d'euros de la Région
flamande) et, fatalitas, des problèmes de surproduction qui
constituent pour ainsi dire l'image de marque de la filière
automobile - et du système de production capitaliste en général,
il ne se préoccupe jamais des besoins que ses marchandises
pourraient rencontrer. C'est, en 2003, après Renault-Vilvoorde,
un nouveau coup de tonnerre. La ville limbourgeoise de Genk est,
en Flandre, la ville la plus touchée par le chômage
(20%). Un tiers des travailleurs licenciés auraient, un an
plus tard, retrouvé du travail: on ignore à quelles
conditions, elles sont en règle générale synonymes
d'appauvrissement et de dépréciation de la "marchandise
travail". Mais, donc, Ford Genk rembauche. 286 travailleurs
en 2005 et près de 600 en 2006. Caractéristique commune:
ce sont des travailleurs temporaires, jetables: leur contrat pourrait
"se prolonger en 2007", informe la direction. C'est gentil
de sa part. Instructif? Sans doute, puisque la dépréciation
des anciens travailleurs (d'abord licenciés, puis jetés
sur un marché du travail où ils valent moins) apparaît
comme la répétition générale préparant
la dépréciation de leurs remplaçants. Pour
la petite histoire: Ford Genk est considérée (audit
interne Ford) comme le meilleur site de production européen.
No comment.
Source:
L'Echo 10 déc. 2005 et archives "6com"
Gresea
19 déc. 2005 |