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Tesco, Wal-Mart, supermarchés du crédit extorqué
Il est plutôt rare qu'une entreprise en attaque une autre publiquement. La sortie fracassante dans les colonnes du Financial Times du PDG de Reckitt Benckiser, grossiste et fournisseur de supermarchés, pour accuser de pratiques commerciales inacceptables la multinationale britannique Tesco, numéro un mondial de la grande distribution en volume de ventes, révèle un aspect méconnu du rôle joué par les supermarchés dans l'économie. En cause, ici, la décision de Tesco de ne plus payer ses fournisseurs de produits non alimentaires qu'au terme de deux mois, une mesure qui risque, selon Reckitt, de conduire des fournisseurs de petite taille à la faillite. La décision, estime Reckitt, est "dénuée de toute logique" économique et n'a d'autre but que "de pressuriser encore plus les fournisseurs". Là où d'autres entreprises financent leurs activités en faisant appel à l'épargne (via des prêts bancaires ou des apports de leurs actionnaires), les supermarchés jugent en effet souvent bien plus rentable de pratiquer un hold-up (sans intérêt) sur les lignes de crédit de leurs fournisseurs. Le système a bien été mis en évidence en 2004 par John Plender qui, en s'appuyant sur les résultats 2003 de Wal-Mart en Grande-Bretagne, explique l'écart anormal entre la progression des ventes (+ 8%) et celle des profits (+ 23%) par le fait que les quelque 14.000 fournisseurs de Wal-Mart lui ont permis de vendre… sans rien débourser: "Dans les faits, Wal-Mart et d'autres opérateurs de la grande distribution, forts de leur pouvoir d'achat colossal, contraignent leurs fournisseurs à s'aventurer de plus en plus loin dans le business ésotérique du crédit financé par les vendeurs." La maffia est entre autres réputée pour des techniques d'extorsion de fonds. Elles sont plus grossières et, surtout, nettement plus dangereuses.
Source: Financial Times du 31 octobre 2008 et du 15 novembre 2004.
Traitement Gresea : 05 novembre 2008.
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