Engagé depuis de
nombreuses années dans l'analyse et la formation critiques autour du
concept de responsabilité sociale des entreprises, le GRESEA en a élargi
l'approche pour, plutôt, parler d'une responsabilité qui est autant
sociale et qu'économique.
La responsabilité
sociale des entreprises est un concept qui s'impose aujourd'hui à quiconque
pense les choix et comportements des agents économiques ou veut peser
sur eux. Des sites internet lui sont consacrés, de même qu'une
vaste littérature, dont un " livre vert" de la Commission européenne.
Regroupant des choses aussi
disparates que "codes de conduite" et autres "chartes" de
bonnes pratiques, le concept s'inscrit dans une stratégie du secteur
privé visant à faire prévaloir ses propres mécanismes
d'autorégulation volontariste sur les instruments normatifs publics contraignants
ayant une force juridique réelle. On parlera donc d'une victoire de la
"soft law" (loi "molle") sur le droit, d'une privatisation
du droit. Devant cet état de fait, ce rapport de forces, le peuple de
gauche peut faire deux choses. Primo, exposer la face cachée de ce processus.
Et, secundo, à l'intérieur de celui-ci, oeuvrer au retour de la
règle de droit. C'est ce à quoi le GRESEA s'est employé.
La responsabilité
économique des entreprises - fil rouge des activités du GRESEA
dans les années à venir - reste, pour l'heure, un thème
émergent qui est, à notre sens, crucial pour la construction d'une
analyse partagée des contradictions qui, aujourd'hui, pèsent sur
le destin des citoyens dans une perspective de solidarité entre les peuples
du Sud et du Nord.
Qui dit concept émergent, dit concept en construction. C'est l'idée
que les entreprises (les toutes-puissantes transnationales mais aussi les autres,
que leur moindre taille n'empêchent pas d'avoir été mis
en appétit par les possibilités actuelles du "supermarché
mondial de la production à bas salaire") investissent, s'implantent,
passent commande dans les pays du Sud et, par là, y provoquent des mutations
profondes du tissu socio-économique et culturel. Cette réflexion,
que le GRESEA veut mener, en partenariat avec des associations du Sud, s'appuie
actuellement, entre autres, sur un réseau de correspondants Nord-Sud
et autour d'une lettre d'information, intitulée "Etant
Donnés". Cette démarche, pour mémoire, s'inscrit
dans la continuité des travaux du GRESEA qui, depuis les analyses de
filière sectorielle à ses débuts jusqu'aux récentes
réflexions-actions autour du phénomène des délocalisations,
en cours de réactualisation, vise à démontrer qu'il n'y
a pas, à moyen terme, de contradiction entre les travailleurs et peuples
du Sud et du Nord.