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La faillite de Chrysler

Chrysler s’est mise sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine des faillites. Il s’agit d’une mesure qui ressemble au concordat en Belgique. Le constructeur a arrêté, pour 60 jours, espère-t-il, toutes ses unités de production. Cela lui permet de redémarrer rapidement avec les parties rentables du groupe, d’abandonner les branches moins lucratives et de ne pas devoir payer directement ses créanciers. Ce sont les hedge funds qui ont précipité cette situation, ne voulant pas une dépréciation de leur prêt des deux tiers, estimant qu’avec une faillite, ils pourraient récupérer jusqu’à la moitié. On sait que la nouvelle Chrysler sera gérée par Fiat, qui lorgne également sur General Motors Europe (Opel et Vauxhall). Pour cela, la multinationale italienne ne mettra pas un sou, gagnant d’emblée 20% des actions uniquement par l’apport de la technologie de fabrication de petits modèles peu consommateurs en énergie. Les autres actionnaires devraient être le gouvernement américain pour 8% et le Canada pour 2%, transformant des crédits récents en parts de capital. Mais le principal propriétaire sera officiellement le syndicat UAW (United Automobile Workers) qui devrait recevoir 55% des actions. En échange, une partie de la dette du constructeur pour payer les retraites sera transformée donc en capital, c’est-à-dire soumise au redressement de la nouvelle firme. Ce qui n’est pas sans risque. Les salaires seront ajustés à ceux en vigueur chez Toyota et Honda en Amérique du Nord. Ce qui signifie une baisse de l’ordre de 15 dollars par heure (environ 12 euros). Et surtout interdiction de grève jusqu’en 2015. Ces conditions drastiques pourraient bien être reconduites pour General Motors, l’ancien numéro un mondial du secteur, menacé, lui aussi, d’être mis en faillite, fin mai.

Source: New York Times du 2 mai 2009 et Les Echos du 30 avril 2009.

Traitement Gresea: 04 mai 2009.