Caterpillar, Lockheed : grèves en chaîne aux États-Unis


Lundi 4 juin 2012, Erik Rydberg, 1573 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Les travailleurs étatsuniens débraient. Caterpillar dans l’Illinois, les cheminots de Canadian Pacific, les travailleurs de Lockheed Martin au Texas, la liste s’allonge. Selon le ministère de l’Emploi, les arrêts de travail sérieux (définis comme impliquant plus de 1.000 travailleurs bloquant plus d’un cycle de travail posté) est passé de cinq en 2009 à onze en 2011. Le fait, note le Financial Times, contredit la théorie classique voulant qu’en temps de chômage élevé (8% actuellement aux États-Unis) et de marasme économique, les travailleurs se tiennent cois. Mais, ajoute-t-il, cela vaut moins pour les travailleurs qualifiés qui se savent rares sur le marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
– et encore moins lorsqu’on sait que le niveau des salaires n’a guère bougé dans l’industrie depuis 2000 alors que la productivité Productivité Rapport entre la quantité produite et les ressources utilisées pour ce faire. En général, on calcule a priori une productivité du travail, qui est le rapport entre soit de la quantité produite, soit de la valeur ajoutée réelle (hors inflation) et le nombre de personnes nécessaires pour cette production (ou le nombre d’heures de travail prestées). Par ailleurs, on calcule aussi une productivité du capital ou une productivité globale des facteurs (travail et capital ensemble, sans que cela soit spécifique à l’un ou à l’autre). Mais c’est très confus pour savoir ce que cela veut dire concrètement. Pour les marxistes, par contre, on distingue la productivité du travail, qui est hausse de la production à travers des moyens techniques (machines plus performantes, meilleure organisation du travail, etc.), et l’intensification du travail, qui exige une dépense de force humaine supplémentaire (accélération des rythmes de travail, suppression des temps morts, etc.).
(en anglais : productivity)
par heure travaillée a, elle, augmenté de moitié. Dans la même édition du journal : une tribune de Robert Reich qui, lui, rappelle que les salaires nominaux (non corrigés par l’inflation Inflation Terme devenu synonyme d’une augmentation globale de prix des biens et des services de consommation. Elle est poussée par une création monétaire qui dépasse ce que la production réelle est capable d’absorber.
(en anglais : inflation)
) continuent de chuter aux États-Unis et que, dans la répartition du revenu national entre capital Capital Ensemble d’actifs et de richesses pouvant être utilisés pour produire de nouveaux biens ou services.
(en anglais : capital, mais aussi fund ou wealth)
et travail, la part de ce dernier a dégringolé de 64 à 57% - alors que les profits d’entreprise n’ont jamais été aussi élevés depuis 45 ans. Là, aussi, la théorie habituelle coince un peu puisqu’il était voici peu "admis" (professé) que, en temps de revers économiques, les profits devaient baisser plus vite que les salaires... Tout cela est bien gênant. Rien n’est plus comme avant.

Source : The Financial Times du 31 mai 2012.