3 Suisses, licenciement boursier contesté


Vendredi 8 juin 2012, Erik Rydberg, 1630 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Avec leur tee-shirt rose rebelle, elles ne passent pas inaperçues. Elles s’étaient donné rendez-vous en masse, jeudi 7 juin 2012, devant le conseil de prud’hommes (tribunal du travail) de Roubaix. Pas seules, d’ailleurs. Des ouvriers de Goodyear, et des travailleurs de La Redoute, de Faurecia et de la Fnac, de même des élus et des militants syndicaux et d’associations féministes, s’étaient joints au rassemblement. En cause, le licenciement sec, au début de l’année, de quelque 150 travailleuses des 3 Suisses - sans véritable motif économique : propriété du groupe allemand Otto, leader mondial de la vente par correspondance (53.000 salariés), le groupe affiche un bénéfice net Bénéfice net Profit déclaré d’une société après avoir payé les intérêts sur les charges financières, comptabilisé les amortissements et réglé l’impôt des sociétés sur les bénéfices.
(en anglais : net income)
de 181 millions d’euros en 2011. En France, actuellement sous la menace de plans "sociaux" qui risquent sous peu de mettre au chômage 43.000 travailleurs, le procédé du "licenciement boursier" rencontre de plus en plus de résistance. Pour preuve, les travailleuses "rose rebelle" des 3 Suisses qui ont pris le joli nom collectif de "Licenci’elles" et qui attaquent en justice. Un de leurs arguments mérite d’être mis en exergue : "Nous voulons," dit une porte-parole des travailleuses, "qu’Otto soit reconnu comme co-employeur, parce que cela augmenterait les possibilités de reclassement au sein du groupe qui possède de nombreuses enseignes." Si les transnationales devaient, demain, être directement responsables de l’emploi (conditions de travail, contrats, rémunérations, etc.) dans leurs multiples filiales et sous-entités, un grand pas serait franchi.

Source : L’Humanité, vendredi 8 juin 2012.