Ford revu et corrigé par John Lennon


Newsflash n° 106

Vendredi 26 octobre 2012, Erik Rydberg, 2094 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Invités aux côtés de Manuel Castro (FGTB Métal) à l’émission "Face à l’info" de la RTBF hier, jeudi 25 octobre 2012,

www.rtbf.be

le Gresea (Henri Houben) et la fédération patronale de l’industrie Agoria (Paul Soete) se rejoignaient avec véhémence pour disqualifier l’attitude pour ainsi dire criminelle de l’Europe : absence de politique industrielle pour le second, une antipolitique industrielle pour le premier, ce qui revient quasi au même, et ce alors que le secteur automobile s’effondre et avec lui des pans entiers de l’économie européenne dans l’indifférence absolue des élites politiques. Ford Genk, comme rappelait Soete, c’est 10.000 emplois mais aussi 0,3% du PIB PIB Produit intérieur brut : richesse marchande créée durant une période déterminée (souvent un an) sur un territoire précisé (généralement un pays ; mais, en additionnant le PIB de tous les pays, on obtient le PIB mondial).
(en anglais : Gross Domestic Product ou GDP)
belge qui passent à la trappe, soit toute sa faible marge de croissance Croissance Augmentation du produit intérieur brut (PIB) et de la production.
(en anglais : growth)
espérée en 2013. Et l’automobile, soulignait Houben, c’est un recul de 50% des ventes dans le Sud européen, carcan austéritaire oblige. D’où véhémence aussi chez les journalistes de la RTBF, qui évoquaient un "paysage de prédateurs" et, bien sûr, chez Manuel Castro, excédé par l’attitude méprisante de Ford USA, soufflant tantôt le chaud, tantôt le froid, au gré capricieux des mouvements boursiers. Il faudrait que "l’Europe bouge", dit Houben. Il faudrait peut-être même, comme John Lennon y invitait dans sa chanson "Imagine" (imagine un autre monde), prendre ses désirs pour des réalités. D’abord, tous les travailleurs Ford d’Europe, se croiser les bras pour dire stop, cela suffit, notre avenir ne sera plus décidé à Detroit, USA. Ensuite, tous les travailleurs de l’automobile d’Europe, se mettre ensemble pour résoudre la question des surcapacités (18 millions pour 12 millions vendus), par répartition et réduction du temps de travail – à salaire égal : il y aura des marges lorsque les bénéfices ne repartiront plus à Detroit. Certes, cela suppose d’envoyer au diable pas mal de gens, des patrons et des potentats autoproclamés à la Commission européenne, mais le diable, c’est bien connu, est un hôte accueillant...