2013 : bons vœux des dockers US


Newsflash n° 108

Mercredi 2 janvier 2013, Erik Rydberg, 1941 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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L’économie supermarché l’a échappé belle aux États-Unis. Elle risquait d’être paralysée au 30 décembre 2012, date à laquelle expirait le préavis de grève des dockers de la côte Est : ils ont entre leurs mains quatorze ports parmi les plus importants du continent pour le transit du commerce transatlantique. Entre l’Europe et les États-Unis, le total des marchandises échangées, la plupart par bateau, s’élève à quelque 450 milliards de dollars par an (339 milliards d’euros). Une grève, autant dire, ferait mal, notamment pour le secteur du textile qui importe à lui seul, chaque année, pour environ 54 milliards d’euros en vêtements, chaussures et autres biens d’habillement dans le circuit de la consommation.Cela fait une sacrée montagne de biens de première nécessité dont cette menace de grève - la première depuis 1977 aux USA - révèle la fragilité : colosse commercial aux pieds d’argile, il vit - et meurt - selon le "bon vouloir" de la chaîne d’approvisionnement mondiale, qui ne manque pas de maillons faibles : les dockers de la côte Est ne sont que 14.500 mais, en sus d’être des ouvriers hautement qualifiés, ils occupent une position clé dans la chaîne. Leur puissance, dans le rapport de forces, s’en trouve centuplée. C’est instructif : se trouver au bon endroit. Il en va de même du contentieux à l’origine du bras de fer. Les armateurs voulaient en effet mettre fin au système de paiements compensatoires introduit dans les années soixante en raison des pertes d’emplois dues à l’automatisation (gains de productivité Productivité Rapport entre la quantité produite et les ressources utilisées pour ce faire. En général, on calcule a priori une productivité du travail, qui est le rapport entre soit de la quantité produite, soit de la valeur ajoutée réelle (hors inflation) et le nombre de personnes nécessaires pour cette production (ou le nombre d’heures de travail prestées). Par ailleurs, on calcule aussi une productivité du capital ou une productivité globale des facteurs (travail et capital ensemble, sans que cela soit spécifique à l’un ou à l’autre). Mais c’est très confus pour savoir ce que cela veut dire concrètement. Pour les marxistes, par contre, on distingue la productivité du travail, qui est hausse de la production à travers des moyens techniques (machines plus performantes, meilleure organisation du travail, etc.), et l’intensification du travail, qui exige une dépense de force humaine supplémentaire (accélération des rythmes de travail, suppression des temps morts, etc.).
(en anglais : productivity)
) du transbordement du fret en conteneurs. D’où le préavis de grève. Qui n’a pas été annulé, il a juste été reporté d’un mois, jusqu’à la fin janvier 2013. De part et d’autre, on reste sur ses positions. C’est instructif aussi. Un bon bras de fer, c’est dans la durée.

Source : International Herald Tribune des 28 et 29 décembre 2012.