"Monsanto protection act" ou quand le business fait la loi.


Jeudi 18 avril 2013, Lise Blanmailland, 1928 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Mardi 26 mars 2013, le président des États-Unis, Barack Obama, signe, malgré l’opposition de plusieurs sénateurs et députés démocrates et une pétition rassemblant plus de 250.000 signatures demandant son veto, une loi-cadre sur le budget provisoire du gouvernement. En fait partie, un amendement, le "Farmer assurance act", surnommé "Monsanto protection act" qui stipule que si une décision d’autorisation de culture est invalidée ou annulée, le ministère de l’Agriculture doit, sur simple demande d’un cultivateur, exploitant agricole ou producteur, accorder immédiatement une autorisation ou une dérogation temporaire et s’assurer que les semences en question et les cultures qui en sont issues pourront être introduites dans le commerce. Les tribunaux étatsuniens ne seront donc plus en mesure de s’opposer à la vente ou à la plantation d’OGM même si elles n’ont pas été approuvées par le processus officiel ou que leur homologation est contestée devant un tribunal. Premier vendeur de semences transgéniques au monde, la transnationale Transnationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : transanational)
Monsanto sera la première à en bénéficier. Aux États-Unis, ses semences sont à l’origine de 93% du soja, 88% du coton et 86% du maïs. Bien connu pour son talent en matière de lobbying, cet ancien géant de la chimie reconverti dans la biogénétique aurait, selon le Center for responsive politics, financé les campagnes politiques du sénateur républicain Roy Blunt à l’origine de l’amendement à hauteur de 83.250 dollars (63.822 euros) depuis le début de sa carrière. En tout, il aurait reçu 1,5 million de dollars de la part d’entreprises liées à l’agrobusiness.Le 3 avril 2013, soit une semaine après la signature, Monsanto annonçait une hausse de 22% de ses bénéfices au deuxième trimestre.

Source : Le Monde du 5 avril 2013 et http://www.infogm.org/spip.php?article5374#nb1