Made in... autre part


Jeudi 6 juin 2013, Erik Rydberg, 1376 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Peu de gens connaissent Huajian. Pas de nom, en tout cas. C’est une société chinoise. Elle fabrique des chaussures. Mais, attention, pas sous son nom. Ses clients s’appellent Tommy Hilfiger, Guess, Naturaliser, Clarks, etc. et, là, on est en terrain connu. Des chaussures occidentales made in China, affaire bien connue là aussi. Sauf que : Huajian, un des plus grands exportateurs chinois de chaussures (25.000 travailleurs en Chine), est en passe de produire hors sol. Il dispose, déjà, en Éthiopie, d’une usine comptant 1.750 travailleurs et, avec l’appui de la Banque de développement chinoise, s’apprête désormais à investir 2 milliards de dollars au cours des dix prochaines années pour y étendre ses activités. A terme, dit le pronostic, cela aboutirait à la création de 100.000 emplois. En Afrique. C’est le nouveau réservoir de main-d’œuvre bon marché ? Joue un rôle, ici, la hausse des coûts de production en Chine, ainsi qu’une volonté de "remonter" dans la chaîne de valeurs (expédier ailleurs le bas de gamme à faible valeur ajoutée Valeur ajoutée Différence entre le chiffre d’affaires d’une entreprise et les coûts des biens et des services qui ont été nécessaires pour réaliser ce chiffre d’affaires (et qui forment le chiffre d’affaires d’une autre firme) ; la somme des valeurs ajoutées de toutes les sociétés, administrations et organisations constitue le produit intérieur brut.
(en anglais : added value)
tout en en gardant le contrôle) – mais aussi les tarifs préférentiels dont bénéficient les produits d’exportation africains en Europe et aux États-Unis. Le carrousel du "made in" ne manque pas d’être instructif.

Source : Financial Times du 4 juin 2013