Gresea Echos n°74, 2-2013

ODD 2050/Objectifs du développement durable


Mercredi 19 juin 2013, Erik Rydberg, 4633 signes.

Numéro consultable en ligne : http://issuu.com/gresea/docs/ge74finalcompresse/0

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GE 74

 

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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Heure d’été, on saute quelques décennies !

Une fois n’est pas coutume : un Gresea échos féerique.

Le monde tel qu’il sera en 2050 ? On n’en sait rien. Autant, alors, rêver.

Sous cet angle, soit dit en passant, on est en bonne compagnie. Vient de sortir des presses, exercice obligé parmi tant d’autres, un petit ouvrage réunissant une série d’experts (l’aréopage en compte neuf, dont sept des États-Unis, c’est tout dire) publié sous le titre "Vivement 2050 ! Programme pour une économie durable et soutenable"). Sans surprise, informe la recension dans L’Humanité (31 mai 2013), il n’y a là-dedans que très peu de rêves : "les auteurs tombent dans une panne sèche intellectuelle dès qu’il s’agit d’avancer des solutions" au rayon "pistes" pour ladite économie "durable et soutenable". Un coup dans l’eau.

Mais, donc, exercice obligé. Car on approche à grands pas de l’an 2015, terme fixé quinze ans auparavant par les Nations unies pour atteindre les huit fameux Objectifs du millénaire pour le développement, dont celui, conçu pour frapper les esprits, de réduire de moitié la pauvreté dans le monde entier. Le bilan est plus que mitigé. A mi-parcours déjà, notait Robert Wade en 2007, "la chute du nombre de gens en situation d’extrême pauvreté depuis le début des années 1980 est entièrement à mettre au compte du recul de la pauvreté en Chine. Enlevez la Chine et vous avez une chiffre en augmentation." (Financial Times, 1er mai 2007). Pas très encourageant...

D’où, sans doute, l’idée de franchement faire reculer l’échéance au moyen d’un nouveau chiffre rond, joliment éloigné : vive 2050 ! Là, on va voir ce qu’on va voir et c’est sûr, d’ici à là, tout ira beaucoup mieux.

C’est aussi ce à quoi s’échinent avec les meilleurs intentions du monde divers appareils (administrations publiques, think-tanks, ONG) convoqués pour faire une réussite de la 68e assemblée générale des Nations unies, en septembre 2013 : accoucher d’une "dynamique post-2015" où OMD se verront remplacés (succédés, prolongés) par des ODD. Passer d’un sigle à l’autre. Tourner la page des Objectifs du millénaire pour le développement pour ouvrir celle, encore toute blanche, des Objectifs de développement durable. Les plus hardis annoncent un changement de "paradigme" et une refonte de la "gouvernance mondiale" censés aller de pair avec une adhésion sans faille d’une "communauté internationale" que soudain plus rien ne diviserait. L’approche est assez bureaucratique. Le maître-mot est celui d’indicateur. Tout un bottin d’indicateurs pour accompagner le processus. On distribuera bons et mauvais points. Bonne chance.

2050, d’évidence, ce n’est pas sérieux. Avec un horizon aussi éloigné, on peut inventer n’importe quoi. La Commission européenne, en octobre 2006, inventait le spectre d’une Europe de petits vieux qui, en trop grand nombre, allait "tarir la croissance" en 2050, faute de réforme drastique du régime des pensions. Voilà à quoi sert 2050. Faire peur. Ou à l’inverse, c’est l’option choisie ici, faire rêver. Un autre monde, une autre économie, c’est possible. Mais pour cela, il faut changer de lunettes.

Le poète T.S. Eliot en était bien conscient qui, en 1939, écrivait ceci : "Nous sommes conscients que l’organisation de la société sur le principe du profit privé, et celui de la destruction de la sphère publique, nous conduisent tous deux vers une déformation de l’humanité par un industrialisme incontrôlé ainsi qu’à l’épuisement des ressources naturelles, et qu’une bonne part de nos progrès matériels représentent des progrès que les générations suivantes vont devoir payer chèrement." (Selected prose, 1975). Il est peut-être temps d’y penser. Viser l’utopie...


 

Sommaire

Gresea Echos N°74, 2e trimestre 2013 : ODD 2050/Objectifs du développement durable. Politique-fiction d’Erik Rydberg

Numéro réalisé par Erik Rydberg

  • Edito/Heure d’été on saute quelques décennies
  • Le temps de travail
  • Le travail des enfants
  • La valeur des richesses produites
  • Les ressources naturelles
  • Le travail coopératif
  • L’indépendance économique

 


 

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