Les chiffres externalisés de Puma


Lundi 1er juillet 2013, Erik Rydberg, 2254 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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L’année prochaine, en 2014, une douzaine d’entreprises devraient suivre l’exemple de Puma et, comme la transnationale Transnationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : transanational)
allemande du vêtement de sport l’a fait en 2010, produire un rapport "pertes et profits environnemental". En prenant cette initiative, Puma était arrivé à un résultat pour le moins étonnant. En estimant les coûts environnementaux causés par la firme et sa chaîne d’approvisionnement mondiale, Puma les a en effet chiffrés à 145 millions d’euros – sur un profit net de 202 millions. En d’autres termes, comme rapporte le Financial Times, "si Puma avait dû supporté les coûts environnementaux de ses propres activités ainsi que ceux de ses fournisseurs, ses revenus auraient chuté de plus de deux tiers." Le cas n’est pas propre à Puma. D’après le Financial Times, les activités de 3.000 plus grandes entreprises cotées en Bourse Bourse Lieu institutionnel (originellement un café) où se réalisent des échanges de biens, de titres ou d’actifs standardisés. La Bourse de commerce traite les marchandises. La Bourse des valeurs s’occupe des titres d’entreprises (actions, obligations...).
(en anglais : Commodity Market pour la Bourse commerciale, Stock Exchange pour la Bourse des valeurs)
causeraient des dommages environnementaux dont le coût global s’élèverait à 50% de leurs revenus additionnés. Mais ces coûts, sans surprise, sont "externalisés", ils ne sont pas portés en compte, ils sont "socialisés", payés par la collectivité. On est loin du principe "pollueur payeur". A entendre le journal de la City de Londres, on s’en rapprocherait peut-être : le procédé consistant à externaliser ces coûts serait jugé "par les économistes" comme une "défaillance du marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
" qu’il y aurait lieu de remédier en "attribuant une valeur monétaire aux coûts externes" des entreprises et en l’incorporant dans leurs comptes financiers et opérationnels, à l’exemple de Puma et de la douzaine de transnationales qui ont annoncé en suivre le modèle et, plus fort, bâtir une coalition visant à en faire adopter plus largement le principe. Faut-il ici parler, mus par la crème des sociétés transnationales, d’altercapitalisme, voire d’altermondialisation ? L’interrogation n’est pas gratuite car cette évolution, à supposer qu’elle se concrétise, ne fera sans doute que consolider la situation des plus puissants en laissant intact leur modèle d’exploitation mondiale de l’échange inégal entre nations.

Source : Financial Times, 24 juin 2013 - article entier : http://www.ft.com/intl/cms/s/0/0b708b78-d751-11e2-a26a-00144feab7de.html#axzz2XmUXDFUA