Notre-dame-des-landes, l’écologie version Vinci


Lundi 8 juillet 2013, Lise Blanmailland, 3071 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Avec un chiffre d’affaires en 2012 de 38.633 millions d’euros, l’entreprise française Vinci, spécialisée dans les secteurs du bâtiment et travaux publics et de la concession de services publics, peut s’enorgueillir du titre de premier groupe mondial de concession et de construction. En décembre 2010, le groupe se voit attribuer pour une durée de 55 ans le projet, lancé au début des années 1970, d’aéroport international du grand Ouest, plus connu sous le nom de Notre-dame-des-Landes et dont l’implantation est prévue au nord-ouest de Nantes.
Le coût du projet est officiellement estimé à 556 millions d’euros dont 43% sont directement subventionnés par l’État et les pouvoirs locaux. Cependant, si l’on ajoute la construction routière et ferroviaire, le coût pourrait, selon le Cédpa (collectif d’élus opposés au projet), avoisiner au total les 3 milliards d’euros (Libération du 18 novembre 2012).
De plus, si, selon les pouvoirs publics, le projet devrait créer 2.000 emplois directs, les opposants au projet argumentent qu’il s’agit en réalité des 1.850 emplois directs actuellement attachés à l’aéroport Nantes-Atlantiques qui seraient tout simplement transférés et non créés. Par contre, en rasant les exploitations, 600 emplois agricoles seraient détruits, privant par ailleurs la ville de Nantes d’une agriculture de proximité.
Enfin, l’aéroport s’accompagne de la construction de quelque 110 hectares de parking dédiés aux voitures et de la destruction de 1.640 hectares de terres bocagères dont l’écosystème est particulièrement riche.
C’est pourquoi Vinci propose, pour compenser les dégâts, un projet paysager aux allures de grand parc. "Routes apaisées", "espaces de respiration", pistes cyclables, musée dédié au bocage, toiture végétale ou encore la plantation autour du tarmac de centaines de mètres de haies, partiellement artificielles, soit dit en passant, histoire d’éviter les oiseaux qui pourraient s’y nicher et représenter un facteur de nuisances pour le trafic aérien. Vinci promet également d’installer des mares et déménager ainsi l’écosystème et la biodiversité du bocage.
Nommé en novembre 2012, le comité d’experts scientifiques invalidera la proposition de Vinci mettant en cause tant la complexité des calculs que l’état des lieux de la biodiversité. Le rapport pointera aussi l’incertitude quant à la mise en œuvre des mesures de compensation et enfin l’absence d’obligation de résultat. L’entreprise se voit dès lors forcée de prendre en compte les réserves émises par le comité pour pouvoir continuer la mise en œuvre du projet.
En attendant, occupants et paysans poursuivent les mobilisations. Au programme : assemblées, projets de maraîchage, manifestations ou encore procédures juridiques et administratives.

Source principale : Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : modèle environnemental ou farce écologique ? publié sur www.bastamag.net le 13 juin 2013