La justice justifie la grève de 48


Mardi 22 mars 2011, Erik Rydberg, 1618 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Les lenteurs de la justice, dit-on... Ici, sans doute, il a fallu que les mentalités changent et que l’histoire juge avec le recul inoffensive une page noire de l’histoire sociale de France : la répression violente en 1948 du mouvement de grève des mineurs du Nord et du Pas-de-Calais décrétée par le ministre socialiste Jules Moch, il y aura des morts, plusieurs blessés et 3.000 licenciements sans préavis ni indemnités. Les ouvriers sont traités comme des délinquants (on dirait, aujourd’hui : des terroristes). Parmi eux, Georges Carbonnier, communiste et ancien résistant. Il prendra, des années plus tard, la tête du collectif des dix-sept irréductibles cherchant à obtenir justice (le droit de grève était déjà inscrit dans la Constitution de 1946), ce sera son ultime combat dont il ne verra pas la conclusion. Assistés par Tiennot Grumbach, avocat de la cause ouvrière, les mineurs seront déboutés en première instance, devant les prud’hommes (tribunaux du travail), et ce ne sera que le 10 mars 2011, soixante-deux ans après les faits, que la Cour d’appel de Versailles leur donnera raison, accordant 30.000 euros aux dix-sept plaignants. Le "franc symbolique", car ils avaient tout perdu, jusqu’à leur logement, dont ils furent rayés du jour au lendemain. Mais justice est faite, le droit des plus faibles a triomphé.

Pour les rétroactes, voir http://www.gresea.be/spip.php?article118

Pour lire l’arrêt de la Cour d’appel : http://www.loysel.fr/atga/Documents/09-04172.pdf

Source : Le Figaro du 12 mars 2011 et le Canard enchaîné du 16 mars 2011.