Fonds de pensions à fonds perdu ?


Newsflash n° 136

Mercredi 12 novembre 2014, Erik Rydberg, 2805 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Les fonds Fonds (de placement, d’investissement, d’épargne…) : société financière qui récolte l’épargne de ménages pour l’investir ou le placer dans des produits financiers plus ou moins précis, parfois définis à l’avance. Il existe des fonds de pension, des fonds de placement, des fonds de fonds qui sont proposés à tout un chacun. En revanche, les hedge funds (fonds spéculatifs) et les private equity funds sont réservés à une riche clientèle.
(en anglais : fund)
de pension européens naviguent en eaux troubles. Sérieux problèmes de rentabilité. C’est ce qui ressort d’une analyse portant sur 190 de ces fonds Fonds (de placement, d’investissement, d’épargne…) : société financière qui récolte l’épargne de ménages pour l’investir ou le placer dans des produits financiers plus ou moins précis, parfois définis à l’avance. Il existe des fonds de pension, des fonds de placement, des fonds de fonds qui sont proposés à tout un chacun. En revanche, les hedge funds (fonds spéculatifs) et les private equity funds sont réservés à une riche clientèle.
(en anglais : fund)
qui ensemble gèrent quelque 1.900 milliards d’euros, excusez du peu. L’information est donnée dans le supplément "Fund management" (10 novembre 2014) du Financial Times, qui paraît tous les lundis. Il est destiné aux investisseurs et autres spéculateurs qui cherchent à placer au mieux leur magot. Une bonne info sur la santé des fonds de pension fait partie de leurs lectures obligées. Cela ne manque pas d’être intéressant également pour les travailleurs, premiers concernés. Le problème de ces fonds est qu’ils tablent en moyenne sur un gain net de 5% sur leurs placements – alors qu’il sera nettement plus bas en réalité, décote des valeurs boursières oblige. C’est gênant. Selon l’analyse, 73% des fonds passés en revue sont actuellement sous-financés. Mieux : il y a le départ prochain à la pension des travailleurs de la génération dite du "baby-boom". Un grand nombre d’entre eux ont souscrit à des "assurances groupe" donnant lieu à un montant fixe prédéterminé. Voilà qui est problématique. Selon l’analyse, plus d’un quart de ces "plans pension" à prestations déterminées sont dans le rouge : le versement aux pensionnés excède les nouvelles contributions, même en tenant compte des gains résultant de leur placement Placement Acquisition de titres en vue d’une opération plutôt à court terme et de faible envergure, n’impliquant pas un contrôle sur l’entité qui a émis ces titres. On considère généralement un achat de moins de 10% des parts de capital d’une firme (notamment à l’étranger) comme un placement et non comme un investissement (à moins qu’il y ait un lien ou des liens supplémentaires avec cette entreprise).
(en anglais : placement)
. Dans le jargon, ils utilisent le terme "cash flow Cash Flow Flux de liquidités issus des activités de la firme. Le cash flow consiste en la somme des bénéfices nets et des amortissements. Le cash flow brut d’exploitation représente l’addition du bénéfice opérationnel (ou excédent brut d’exploitation) et des amortissements.
(en anglais : cash flow)
negative" (le cash sortant excède le cash entrant). Un quart ! On n’en était qu’à un sixième en 2011. Ajouter à cela les plans de pension qui sont "cash flow Cash Flow Flux de liquidités issus des activités de la firme. Le cash flow consiste en la somme des bénéfices nets et des amortissements. Le cash flow brut d’exploitation représente l’addition du bénéfice opérationnel (ou excédent brut d’exploitation) et des amortissements.
(en anglais : cash flow)
neutral" (cash sortant identique au cash entrant) : dans 17% des cas, il en va ainsi – contre 6% il y a trois ans, en 2011. La privatisation des pensions se heurte d’évidence aux caprices du marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
. Pour prendre du recul, on lira avec profit Alain Supiot dans le dernier Monde diplomatique (n°828 de novembre 2014). Il rappelle que, dès 1994, "la Banque mondiale Banque mondiale Institution intergouvernementale créée à la conférence de Bretton Woods (1944) pour aider à la reconstruction des pays dévastés par la deuxième guerre mondiale. Forte du capital souscrit par ses membres, la Banque mondiale a désormais pour objectif de financer des projets de développement au sein des pays moins avancés en jouant le rôle d’intermédiaire entre ceux-ci et les pays détenteurs de capitaux. Elle se compose de trois institutions : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l’Association internationale pour le développement (AID) et la Société financière internationale (SFI). La Banque mondiale n’agit que lorsque le FMI est parvenu à imposer ses orientations politiques et économiques aux pays demandeurs.
(En anglais : World Bank)
avait clairement fixé aux systèmes de retraite un nouveau cap : convertir les cotisations en valeurs mobilières abondant les marchés financiers. En Europe, où l’attachement des populations à la sécurité sociale est fort, la réalisation de ce programme a suivi une voie indirecte. Plutôt que de s’en prendre directement à ces régimes, on a sapé leurs bases financières, en rompant le lien entre le devoir d’y contribuer et le droit d’en bénéficier." Pour le dire autrement, on n’a pas attaqué de front le régime public des pensions, mais on a tout fait pour "favoriser" ses variantes privatisées. L’opération de sape a été couronnée d’un certain succès. 1.900 milliards d’euros logés chez 190 fonds de pension, à fonds perdu pour beaucoup, la somme est plutôt coquette...