Volvo, Ford, Rover, c’est pas chinois


Lundi 11 avril 2011, Erik Rydberg, 1797 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Rachetée à Ford par le constructeur chinois Geely (1,5 milliard de dollars), l’ex-marque suédoise Volvo table sur la vieille recette de l’expansion. Pas en Chine, chez son propriétaire, mais en Europe, son terrain de production historique : parmi ses 19.500 travailleurs, 13.000 sont en Suède et 4.500 en Belgique. Ce sont aussi ces deux pays qui vont bénéficier d’une politique de recrutement "expansionniste", 1.200 embauches dans la recherche et le développement, dont 1.000 à Gothenbourg (Suède) et 200 à Gand (Belgique), visant à doubler en dix ans les ventes à 800.000 véhicules – y compris en Chine, où trois nouveaux sites de production devraient voir le jour. Transformé en "Belle Chinoise", Volvo restera cependant très américaine, avec une "ossature" signée Ford. Il en va de même de l’autre grand champion chinois, SAIC, dont les deux joint-ventures avec Volkswagen et General Motors permettent à ces derniers de construire et d’écouler sur le marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
chinois des Buick Excelle, des Chevrolet Sail et des berlines Passat. Mais on ne qualifiera pas SAIC et Geely de perdants dans l’affaire. Le premier affichait un bénéfice net Bénéfice net Profit déclaré d’une société après avoir payé les intérêts sur les charges financières, comptabilisé les amortissements et réglé l’impôt des sociétés sur les bénéfices.
(en anglais : net income)
de 1,5 milliard d’euros en 2010 et le chiffre d’affaires Chiffre d’affaires Montant total des ventes d’une firme sur les opérations concernant principalement les activités centrales de celle-ci (donc hors vente immobilière et financière pour des entreprises qui n’opèrent pas traditionnellement sur ces marchés).
(en anglais : revenues ou net sales)
du second a grimpé la même année de 43%, avec un bénéfice en hausse de 16%. SAIC, pour mémoire, avait racheté MG Rover en 2005 et, tout en maintenant à Longbridge (Birmingham) quelque 400 travailleurs (emblème d’une industrie britannique résiduelle sous perfusion chinoise : le monde à l’envers, le Tiers-monde sous-traite dans les "économies avancées") et s’apprête à lancer la MG6, premier nouveau modèle depuis la débâcle du constructeur historique.

Sources : Financial Times des 30 mars et 11 avril 2011 et Les Echos du 31 mars 2011.