Lejaby : chronique d’une mort annoncée


Lundi 23 février 2015, Erik Rydberg, 1579 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Fin de parcours pour la coopérative Lejaby et la poignée de couturières qui subsistaient encore dans feue cette prestigieuse entreprise de lingerie française (elle occupait encore 653 personnes en 2010 – voir nos dépêches précédentes : http://www.gresea.be/spip.php?mot677). Le 5 février 2015, informe Le Figaro, la coopérative s’est déclarée en état de cessation de paiement et, selon la présidente fondatrice des Atélières, Muriel Pernin, la société sera "selon toute vraisemblance liquidée". Les Atélières ? Le nom donné en janvier 2013 à l’ultime tentative de sauvetage de l’entreprise en tablant sur le créneau de niche de la lingerie de luxe, seul susceptible de résister à la concurrence des unités délocalisées dans les pays à bas salaires (Tunisie, Portugal…). Le coup de pouce du ministre Montebourg (mars 2014) n’aura pas suffi, ni la souscription publique lancée dans la foulée : les banques, surtout, ont traîné des pieds pour débloquer les prêts promis, d’où une trésorerie Trésorerie Ce qu’un acteur économique, souvent une entreprise, dispose comme actifs directement disponibles, c’est-à-dire dans ses caisses ou sous forme de comptes bancaires utilisables.
(en anglais : cash)
exsangue, début 2015. Les banques et le "politique" comme ajoute avec amertume Muriel Pernin au sujet du Made in France : "Avec ce label qui n’est pas assez précis, on peut fabriquer la majeure partie d’un produit à l’étranger et ne faire que quelques opérations dans l’Hexagone." C’est, conclut le journal, "Une distorsion de concurrence dommageable pour les PME comme les Atélières qui produisent 100% français, forcément plus cher." No comment.

Source : Le Figaro, 16 février 2015.