Nikeplatz, fable des temps modernes


Jeudi 5 mars 2015, Erik Rydberg, 1848 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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L’histoire n’est pas toute nouvelle mais mérite d’entrer dans l’anthologie des faits de mégalomanie des sociétés transnationales. Elle concerne Nike, emblème de la multinationale Multinationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : multinational)
sans usine made in USA dont la pub ravage les esprits, à commencer par les masses laborieuses paupérisées qui claudiquent en arborant le logo de Nike. Mais, donc, voici qu’on apprend que la multinationale Multinationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : multinational)
a acheté, à Vienne, l’historique Karlplatz, rebaptisée Nikeplatz, et projette d’y installer une sculpture de 18 mètres sur 36 représentant son logo – et que ce ne serait qu’un début : partout, en Europe, il y aura déferlante de Nikesquares, de Nikestreets, de Plazanikes et de Nikestrassen… Bon. C’est naturellement un canular gigantesque, œuvre de quelques artistes subversifs regroupés sous le nom parfaitement délicieux de 0100101110101101.org… L’affaire remonte, on l’a dit : c’était en octobre 2003, suivi d’un joli bras de fer, Nike déposant plainte auprès de la justice autrichienne en exigeant le démontage des installations au nom de la protection des marques et le paiement de dommages et intérêts pour un montant de 78.000 euros. Las ! Le tribunal du commerce viennois rejettera la plainte et, devant le ridicule menaçant d’écorner son image, Nike choisira d’adopter un profil bas. Prêcher le faux pour savoir le vrai (l’hégémonie de Nike est bien réelle) est parfois la meilleure manière pour montrer que le roi est nu. C’est, mettons, la leçon qu’on peut en tirer. (L’affaire est relatée par Christian Salmon dans son livre Storytelling, La Découverte, 2008, page 25 – un ouvrage par ailleurs d’un intérêt médiocre.)

Source complémentaire (en anglais) avec de jolies images de la Nikeplatz : http://upper-space.org/hello-world-2/