Le "crash-test" de Toyota


Jeudi 14 avril 2011, Erik Rydberg, 1651 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Parmi les derniers mots précédant le décès, ceux de Mark Sayers, en août 2009, sont devenus célèbres : "Il n’y a plus de freins… Nous nous approchons d’un carrefour ! Tenez-vous les gars ! Et priez !". Après cela, silence, interruption brutale de la conversation téléphonique. La Lexus ES 350 Salon DeLuxe vient de crasher à 160 kilomètres à l’heure dans un ravin avec ses quatre occupants qui disparaissent dans une boule de feu. La belle Toyota, manifestement, avait un problème de freins. D’où rappel de quelque 4,2 millions de véhicules, suivi de 2,3 millions en janvier 2010 – et un sacré coup dur pour l’image de marque du fabricant japonais dont le système de sous-traitance Sous-traitance Segment amont de la filière de la production qui livre systématiquement à une même compagnie donneuse d’ordre et soumise à cette dernière en matière de détermination des prix, de la quantité et de la qualité fournie, ainsi que des délais de livraison.
(en anglais : subcontracting)
sert de modèle aux écoles de management. Un livre, "Toyota Under Fire", essaie aujourd’hui de corriger le tir. Co-rédigé par Jeffrey Linker, il offre une explication à la défaillance pour le moins candide : le problème de Toyota, apprend-on, est que la multinationale Multinationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : multinational)
n’a pas su gérer sa "communication de crise", faute de disposer d’un département outillé à cet effet. Candide mais pas étonnante : Linker a construit toute sa carrière sur la promotion des vertus du "modèle Toyota". C’est, si on veut, un livre publicitaire, sans doute destiné aux écoles de management. On s’en voudrait d’être sarcastique mais on serait curieux de lire Linker au sujet, par exemple, de la vieille 2 CV qui, nonobstant le fait qu’elle n’atteignait que difficilement (en pente avec le vent dans le dos) les 100 kilomètres à l’heure, n’a que très rarement crashé à cause de ses freins.

Source : Financial Times du 14 avril 2011.