Conflit social chez GSK Biologicals à Wavre et Rixensart


Jeudi 10 septembre 2015, Natalia Hirtz, 3536 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Le jeudi 3 septembre, entre 200 et 300 travailleurs de GSK ont démarré une action de grève. L’action en front commun des syndicats vise à dénoncer le non-respect d’une convention collective du travail. Ils protestent contre le nouveau système d’évaluation individuelle, par lequel les travailleurs doivent remplir des objectifs individuels en échange d’une prime. Selon les grévistes, le principe d’évaluation individuelle entraine une concurrence malsaine entre travailleurs. Manuel Fernandes, du SETCA, explique qu’afin de recevoir la prime, chacun est « tenté de tirer la couverture à soi, et de ne plus travailler en équipe ».

Après une année de test du nouvel outil d’évaluation, les représentants syndicaux estiment que le système n’est pas appliqué de manière équitable dans tous les départements, et qu’il favorise l’individualisme dans le travail au lieu de la poursuite d’objectifs fixés pour toute une équipe. Comme l’explique un gréviste (anonyme) "Au final, l’outil sert à taper sur les doigts des travailleurs, à faire un tri, voire à renvoyer des éléments. C’est une source de peur qui pousse à la productivité Productivité Rapport entre la quantité produite et les ressources utilisées pour ce faire. En général, on calcule a priori une productivité du travail, qui est le rapport entre soit de la quantité produite, soit de la valeur ajoutée réelle (hors inflation) et le nombre de personnes nécessaires pour cette production (ou le nombre d’heures de travail prestées). Par ailleurs, on calcule aussi une productivité du capital ou une productivité globale des facteurs (travail et capital ensemble, sans que cela soit spécifique à l’un ou à l’autre). Mais c’est très confus pour savoir ce que cela veut dire concrètement. Pour les marxistes, par contre, on distingue la productivité du travail, qui est hausse de la production à travers des moyens techniques (machines plus performantes, meilleure organisation du travail, etc.), et l’intensification du travail, qui exige une dépense de force humaine supplémentaire (accélération des rythmes de travail, suppression des temps morts, etc.).
(en anglais : productivity)
en mettant à mal les conditions de travail".

Les travailleurs mobilisés avaient l’intention de poursuivre l’arrêt de travail vendredi. Mais, seulement une centaine d’entre eux se sont rassemblés devant l’entrée de deux sites pour continuer le mouvement de grève. Or, quelque 3.300 travailleurs de GSK Biologicals Wavre et Rixensart sont concernés par la convention collective de travail sur le système d’évaluation individuelle. L’action ne mobilise donc qu’une petite partie des salariés, et n’affecte en rien l’activité chez GSK, consacrée à la production de médicaments et de vaccins.
Lundi matin, des délégués ont organisé une distribution de tracts à l’entrée des deux sites en invitant les employés à l’assemblée générale qui débutait à 9h00. Selon les représentants syndicaux, la participation des travailleurs fut importante. Or, aucune source n’indique le nombre d’assistants.

Suite à l’assemblée générale, le discours médiatique des représentants syndicaux se focalisera sur la manière dont le système d’évaluation individuel est appliqué chez GSK. Ils dénoncent une application inéquitable du système d’évaluation notamment pour ce qui concerne les primes qui récompensent les travailleurs qui ont atteint leurs objectifs et qui ne sont pas octroyées de manière identique dans tous les départements de l’entreprise. Si au départ, le combat se centrait sur la concurrence engendrée par le système d’évaluation, dorénavant, le problème d’équité semble s’imposer.

Mardi a eu lieu la réunion de conciliation au SPF Emploi entre la direction de GSK et les syndicats. Selon Ludovic Calonne, délégué SETCa, lors de cette rencontre, les représentants syndicaux ont demandé la mise en place d’un « système uniforme, sans passe-droit et sans règlement de compte ». La réunion a débouché sur la signature d’un procès-verbal de carence.
Les syndicalistes ne prévoient pas d’actions mercredi, car ils préfèrent, dans un premier temps, informer les travailleurs afin d’envisager de nouvelles actions pour la suite.

Sources : L’Echo du 3 septembre. RTBF du 3, 4 et 7 septembre, RTL. Info du 3 et 4 septembre, La libre du 7 septembre, 7 sur 7 du 8 septembre.