Fiat-Chrysler : le précariat ne passe pas


Lundi 5 octobre 2015, Erik Rydberg, 1636 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Vote remarquable aux États-Unis, début octobre 2015, qui a vu les membres du puissant syndicat de l’automobile, United Automobile Workers (UAW), le plus grand du pays, rejeter l’accord national que leur direction avait péniblement négocié avec Fiat-Chrysler. Quoi ? pas contente, la base ? L’accord prévoyait pourtant de relever le salaire dit d’entrée de 19 à 25 dollars l’heure (de 17 à 22€) et celui des travailleurs "vétérans" de 28 à 30 dollars l’heure (d’environ 25 à 27€). C’est là, justement, qu’était le problème : l’échelle salariale à deux vitesses, préservant plus ou moins les acquis des "anciens" pour, à l’inverse, obliger les jeunes qui débutent à accepter des conditions nettement inférieures. Ce système, qui date de 2007 (accord UAW-General Motors ), le top syndical de l’UAW avait promis de le combattre, avec d’autant plus de raisons que, ces dernières années, Chrysler et les deux autres géants de Detroit (Ford et General Motors), affichent de coquets profits… Dans le cas de Chrysler, le rejet de la base ouvrière est particulièrement gênant : étant aux limites de ses capacités, la moindre grève dans une de ses usines paralyserait toute l’activité. Dit autrement : excellente conjoncture Conjoncture Période de temps économique relativement courte (quelques mois). La conjoncture s’oppose à la structure qui dure plusieurs années. Le conjoncturel est volatil, le structurel fondamental.
(en anglais : current trend)
pour l’action collective.

Source : International New York Times du samedi 3 octobre 2015. Voir, entre autres, http://www.nytimes.com/2015/10/02/business/economy/uaw-contract-vote-at-fiat-chrysler-takes-a-populist-tone.html?_r=0