ArcelorMittal : réduction des coûts et sécurité au travail


Mercredi 28 octobre 2015, Bruno Bauraind, 2067 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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ArcelorMittal est une multinationale Multinationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : multinational)
en restructuration constante depuis plusieurs années. Ces "réorganisations" dans le groupe ont déjà coûté plusieurs dizaines de milliers d’emplois dans la sidérurgie européenne depuis 2009. Alors que les fermetures d’outils en Belgique, en France ou en Espagne sont encore dans toutes les mémoires, de nouvelles rumeurs de fermetures ou de concentrations de sites font à nouveau les gros titres de la presse économique. Le groupe ArcelorMittal souffre d’un endettement très important (16,6 milliards d’euros) ainsi que, comme d’autres sidérurgistes en Europe, de la concurrence des coils [1] à chaud importés de Chine ou des pays émergents. Pour faire face à cette situation, la stratégie du leader de la sidérurgie mondiale est, depuis plusieurs années, de spécialiser ses sites de production en Europe de l’Ouest sur des aciers à haute valeur ajoutée Valeur ajoutée Différence entre le chiffre d’affaires d’une entreprise et les coûts des biens et des services qui ont été nécessaires pour réaliser ce chiffre d’affaires (et qui forment le chiffre d’affaires d’une autre firme) ; la somme des valeurs ajoutées de toutes les sociétés, administrations et organisations constitue le produit intérieur brut.
(en anglais : added value)
moins exposé à la concurrence internationale et de concentrer sa production sur un nombre moins important de sites [2].

A l’heure actuelle, les travailleurs des sites belges ont seulement été informés d’un nouveau plan de réduction des coûts, et pas d’un plan de restructuration futur [3]. Ce programme de réduction des coûts pose cependant question lorsqu’on le met en parallèle avec les accidents de ces derniers mois sur les sites français de Dunkerque et de Fos-sur-Mer [4]. Depuis 2014, trois intérimaires du groupe ont en effet trouvé la mort en France. Alain Audier, syndicaliste CGT à Fos-sur-Mer, pointe du doigt la précarisation du travail, mais également le manque d’investissement Investissement Transaction consistant à acquérir des actifs fixes, des avoirs financiers ou des biens immatériels (une marque, un logo, des brevets…).
(en anglais : investment)
sur des outils de production qui ne sont plus "à la hauteur en termes de sécurité, de mise à niveau, d’entretien et de maintenance".





[1Bobine d’acier

[2L’Echo du 28 octobre 2015.

[3Entretien avec un délégué syndical du site de Liège, le 28 octobre 2015.