Electrolux, un chouïa trop dominant…


Mercredi 4 novembre 2015, Erik Rydberg, 2188 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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La mariée paraissait belle aux yeux du géant suédois Electrolux : d’un coup, ravir la division électroménager de General Electric et devenir le n°1 du secteur aux États-Unis, place jusque-là remplie par son concurrent Whirpool. Grossir par rachats, Electrolux connaît, ayant déjà absorbé l’italien Zanussi (1984), l’américain Frigidaire (1986), l’allemand AEG (1994), l’australien Email (2001), l’égyptien Olympic et le chilien CTI (2011), entre autres broutilles. Là, cependant, le risque de dominance sans partage a quelque peu hérissé les autorités étatsuniennes ayant pour mission de faire accroire que le marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
est libre – ou devrait l’être, selon le credo en vogue. Leur raisonnement : si elles donnent leur bénédiction au mariage, il ne restera plus que deux "acteurs" sur le marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
, Whirpool et Electrolux, totalisant 90% des ventes. Voilà, disent-elles, qui va vraisemblablement conduire "à moins de concurrence, à des augmentations de prix et à un choix restreint pour des millions de consommateurs". D’où le gel de l’opération, jusqu’au 9 novembre 2015, lorsque l’affaire passera au tribunal. Pour General Electric, qui escomptait en recevoir 3,3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros), ce ne sera sans doute que partie remise : il est loin, le temps où la GE lançait son premier grille-pain électrique (1909) et ce business-là, bien qu’occupant encore 12.000 travailleurs, ne compte plus que pour 4% dans son chiffre d’affaires Chiffre d’affaires Montant total des ventes d’une firme sur les opérations concernant principalement les activités centrales de celle-ci (donc hors vente immobilière et financière pour des entreprises qui n’opèrent pas traditionnellement sur ces marchés).
(en anglais : revenues ou net sales)
. Pour Electrolux, par contre, passé expert dans la restructuration permanente (toujours vers le "moins-disant" social), cette nouvelle donne, à un moment où les commentateurs financiers évoquent une "Europe qui s’enfonce dans le marasme" (zut ! moins de ventes !), n’a rien pour réjouir ses actionnaires et autres investisseurs.

Sources : Wall Street Journal du 2 novembre 2015 et Le Monde (en ligne : http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/09/08/electrolux-s-offre-l-electromenager-de-general-electric_4483480_3234.html) du 8 septembre 2014.