Gresea Echos 85, mars 2016

Europe : les alternatives à la grande régression


Les actes du colloque Econosphères du 25 novembre 2015

Mardi 26 avril 2016, Anne Dufresne, 5591 signes.

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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Sur la même thématique un podcast inédit : Intervention de Frédéric Lordon, “L’Europe ou la faillite de la Politique”, dans le cadre du colloque Discours d’Europe, discours sur l’Europe. Quand polémiques et controverses s’en mêlent, conférence du vendredi, le 18 décembre à l’Université libre de Bruxelles.

Edito
Depuis 2010, l’Union européenne (UE) et les gouvernements des Etats membres ont fait le choix de l’austérité et avec elle, celui des régressions sociales majeures : augmentation de l’âge de la retraite, déconstruction des systèmes de négociation collective, coupes dans les services publics, ... Autant d’attaques contre l’Etat social et les démocraties européennes.

En Grèce, l’année 2015 a montré que la mise en œuvre d’une « autre » politique économique butait contre une oligarchie européenne bien décidée à ne pas laisser naître un premier bastion de résistance. C’est donc juste après la capitulation du gouvernement grec, le 13 juillet 2015, et pour résister au TINA (There is no Alternative) ambiant que le réseau Econosphères a organisé, le 25 novembre de la même année, un colloque intitulé « Europe : les alternatives à la grande régression », dont nous publions les actes dans ce numéro du Gresea échos.

La perspective de la Grèce est essentielle. Ce pays - tout comme l’Espagne, l’Irlande, le Portugal ou l’Italie – connaît depuis 2010 une régression économique et sociale sans équivalent depuis les années 1930. Noelle Burgi montre comment la Grèce est devenue le laboratoire de la remise en cause généralisée de l’Etat social, qui avait pourtant fondé les progrès de la démocratie et de la civilisation en Europe. Cette tragédie est le fruit d’un Etat grec déficient et de politiques européennes austéritaires. La situation dans les pays du sud de la zone euro permet aussi de légitimer la « nouvelle gouvernance » autoritaire de l’Union européenne. Costas Lapavitsas complète l’analyse en posant le diagnostic d’une Europe dominée par les intérêts économiques de l’Allemagne.

Pour l’élite conservatrice qui domine actuellement l’Europe, la crise se résume à un déficit de compétitivité des Etats membres, surtout au sud de la zone Euro. Les salaires sont dès lors la principale variable d’ajustement. Ils préconisent un rétablissement de la compétitivité et la création d’emploi par une réduction des dits « coûts du travail ». Ronald Janssen critique vivement cette approche et le rapport dit « des cinq présidents » (de 2015) qui suggère de mettre en place les conseils nationaux de compétitivité, de nouvelles instances technocratiques, pour réduire toujours plus les salaires et les droits des travailleurs. Pour ma part, je propose une approche alternative selon laquelle la politique salariale doit être renforcée à travers une coordination européenne des négociations collectives nationales. Cette vision pose le défi essentiel d’une mobilisation à organiser au plan transnational.
Sur la politique monétaire également, les propositions de réforme du système financier européen n’ont pas manqué. Mais, la plupart sont restées lettre morte et les banques semblent toujours être plus un facteur d’instabilité que de progrès pour l’économie européenne. Nicolas Bárdos-Féltoronyi propose les contours de ce que pourrait être un système bancaire européen « de sortie de crise ». Pour Michel Husson, la question de la répartition des revenus doit être au centre d’un programme de transformation sociale de l’Europe. Elle précède donc celle de la sortie de l’euro qui, aux yeux de l’économiste français, est incohérente. »
Enfin, Bruno Bauraind ouvre les diverses questions posées par les alternatives politiques proposées par les intervenants lors de la table ronde concluant le colloque. L’Europe, comme projet démocratique et social, a-t-elle encore un sens dans le carcan institutionnel actuel ? Peut-on, à partir des institutions d’aujourd’hui, changer l’Europe ? Ou, doit-on, au contraire, privilégier des alternatives plus radicales ? Autant de questions essentielles à l’heure où fleurissent de nombreuses initiatives politiques européennes (voir ici, notre épilogue).

Anne Dufresne


Sommaire

Gresea Echos N°85, 1e trimestre 2016 : Europe : les alternatives à la grande régression

  • Edito : Europe : les alternatives à la grande régression/Anne Dufresne
  • La Grèce, miroir d’une crise politique majeure en Europe/Noëlle Burgi
  • Le désastre grec et le futur de la zone euro/Costas Lapavitsas
  • Le système bancaire européen et les exigences du grand nombre/Nicolas Bárdos-Féltoronyi
  • Euro : en sortir ou pas ?/Michel Husson
  • Démocratie et union monétaire : quand on fait tout pour que ça ne marche pas/Ronald Janssen
  • Europe : Le salaire kidnappé/Anne Dufresne
  • Position de la CES sur les conseils nationaux de la compétitivité
  • Conclusion : Si on refaisait du politique ?/Bruno Bauraind
  • Epilogue : Les plans B « pour une Autre Europe »/Anne Dufresne
  • Annexes : Plan B pour l’Europe et Manifeste pour démocratiser l’Europe

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