Les Etats-Unis, terre d’accueil des entreprises américaines ?


Mardi 24 mai 2011, Bruno Bauraind, 2304 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Des entreprises américaines qui produisent sur le sol US. Une évidence qui ne se vérifiait plus depuis plusieurs décennies et les vagues de délocalisations vers les pays à bas salaires qui ont touché de plein fouet l’économie américaine. Selon, une étude du Boston Consulting Group (BCG – un cabinet de conseil aux entreprises), un mouvement de réindustrialisation se serait pourtant amorcé outre Atlantique. Caterpillar, Ford ou NCR (distributeurs automatiques de billets) ont ainsi décidé de rapatrier une partie de leurs activités vers certains États US. La faute à qui ? Aux salariés chinois qui, depuis quelque temps, se montrent de plus en plus « gourmands » ou, c’est selon, à l’action de certains États américains qui à grands coups de réduction d’impôts, de primes et autres subsides au secteur privé et de modération salariale ont réussi à rendre leurs territoires à nouveau compétitifs. En 2015 en effet, le coût du salarié chinois devrait atteindre 44% du coût d’un travailleur américain. Un différentiel toujours très important, mais qui, dans certains secteurs de l’industrie lourde, sera fortement pondéré par les gains en termes de transport, de communication ou de propriété intellectuelle Propriété intellectuelle Ensemble des droits exclusifs accordés sur les créations intellectuelles liées à un auteur, dont un acteur économique (souvent une entreprise) se fait le représentant.
(en anglais : intellectual property)
qu’une production sur le sol national pourrait engendrée. Pour certaines multinationales américaines, l’affaire est entendue. Ainsi, Caterpillar a rapatrié sa production d’excavatrices de Chine vers l’Arkansas, l’Illinois et le Texas après qu’un accord soit intervenu avec les syndicats pour maintenir le salaire horaire à 14 dollars…Ajoutez à cela un taux de change favorable au dollar et les constructeurs automobiles asiatiques implantés aux USA pensent exporter vers l’Europe. Une Europe qui, toujours selon l’étude, est à la traîne dans cette compétition pour cause de travailleurs non flexibles et de systèmes sociaux trop lourds ! La "mondialisation heureuse" n’est décidément pas celle des travailleurs…


Source : Les Echos du 11 mai 2011. Traitement Gresea, le 03 juin 2010. Un résumé de l’étude du BCG (a prendre avec les précautions d’usage) est disponible à l’adresse : http://www.bcg.com/media/PressReleaseDetails.aspx?id=tcm:12-75973