Gresea Echos 87, septembre 2016

Le virage à droite en Argentine


Vendredi 30 septembre 2016, Natalia Hirtz, 4848 signes.

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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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À travers le cas de l’Argentine, ce numéro soulève de nouvelles questions sur les alternatives politiques, sociales et économiques envisageables, tant au Nord qu’au Sud.

Quelles sont les ruptures et les continuités des politiques visant une meilleure distribution de la richesse ? Quelles sont les alternatives proposées, les leçons, mais aussi les faiblesses des mouvements sociaux qui cherchent à changer le monde sans prendre le pouvoir ? Doit-on privilégier des alternatives qui s’inscrivent dans la politique « réellement existante » ? Comment définir cette politique « réellement existante » ? Et, dans ce sens, quels rapports envisager entre les mouvements sociaux et les arènes politiques du pouvoir ? Autant de questions que cette édition a cherché à analyser pour les luttes présentes et futures.

L’interventionnisme en Argentine
Rupture ou continuité ?

Le 10 décembre 2015, le libéral Mauricio Macri succède à la présidente Cristina Fernández de Kirchner. Les élections semblent confirmer le débat installé depuis un an sur ce qui concerne le moment sociopolitique que vit l’Amérique latine et, plus précisément, sur « le virage à droite », dorénavant devenu un lieu commun pour désigner le contexte actuel de la région. Le terme « droite » est ainsi employé pour désigner une orientation politique pro-marché opposée à une vision pro-étatiste. Mais peut-on simplifier la complexité des rapports entre l’État et le marché par le clivage gauche/droite ? Quelle est la place que cette analyse octroie aux mouvements sociaux ?

Afin d’éclairer ce débat, le présent numéro offre une synthèse historique sur les interactions entre ces différents acteurs. Ceci nécessite la compréhension du développement du capitalisme et de la lutte des classes depuis le XIXe siècle en Argentine. La division internationale du travail attribue aux pays du Sud la fourniture de matières premières nécessaires aux principaux centres industriels européens. Cette division est accentuée à partir des années 1970, avec « l’intégration des économies nationales dans un marché mondial ». En Argentine, comme dans la plupart des pays d’Amérique latine, des régimes dictatoriaux liberticides imposent un modèle de libre-échange débridé où chaque pays se spécialise dans la production de biens pour lesquels il dispose de la productivité la plus forte.

En 2003, l’avènement au gouvernement du kirchnerisme est perçu par certains militants et intellectuels « progressistes » comme l’entrée de l’Argentine dans une nouvelle ère « post-néolibérale », terme utilisé pour désigner les nouveaux gouvernements de certains pays d’Amérique latine qui cherchent à repositionner l’État comme acteur régulateur. On parle alors du « virage à gauche » de l’Amérique latine. Ces gouvernements s’emparent de la bannière de gauche. Les seuls choix possibles deviennent : la « droite » ou cette « gauche ». Les mouvements sociaux et les partis politiques révolutionnaires ne peuvent qu’être assimilés à l’une ou l’autre vision du monde. Mais quelle est la politique économique mise en œuvre par cette « gauche » gouvernementale ? Quelles ruptures et quelles continuités par rapport au passé ? Comment comprendre le « virage à droite » actuel ? Que reste-t-il des mouvements sociaux, fortement affaiblis durant cette ère « post-néolibérale », pour lutter contre le gouvernement Macri ?

À partir de l’expérience argentine, ce numéro soulève de nouvelles questions sur les alternatives politiques, sociales et économiques envisageables, tant au Nord qu’au Sud. Quelles sont les ruptures et les continuités proposées par l’interventionnisme d’État dans un contexte international où l’intégration dans l’économie mondiale implique l’abandon de la stratégie d’intégration verticale, remplacée par une internationalisation de la production selon « les chaînes globales de valeur » ? Quelles sont les alternatives proposées, les leçons, mais aussi les faiblesses des mouvements sociaux qui cherchent à changer le monde sans prendre le pouvoir ? Doit-on privilégier des alternatives qui s’inscrivent dans la politique « réellement existante » ? Comment définir cette politique « réellement existante » ? Et, dans ce sens, quels rapports envisager entre les mouvements sociaux et les arènes politiques du pouvoir ? Autant de questions que le présent numéro cherche à analyser à partir du cas argentin pour les luttes présentes et futures.


 

Sommaire

Gresea Echos N°87, 3e trimestre 2016 : Le virage à droite en Argentine.

  • Edito : L’interventionnisme en Argentine ; Rupture ou continuité ? Natalia Hirtz
  • Formation, développement et extension du capitalisme en Argentine. Natalia Hirtz
  • Résistances et auto-organisation à la base. Natalia Hirtz
  • Consolidation du kirchnerisme et inflexion des mouvements sociaux. Natalia Hirtz
  • Le gouvernement kirchneriste : ruptures et continuités. Natalia Hirtz
  • Hydrocarbures non conventionnels et propagande. Grégory Lassalle
  • La restauration néolibérale. Nicolás Hirtz
  • Le gros lot pour les vautours. Raf Custers
  • Agenda Gresea.

 


 

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