Arcelor Mittal, un retour aux sources perturbé


Lundi 5 juillet 2010, Lise Blanmailland, 2300 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Le numéro un de la sidérurgie mondiale, Arcelor Mittal, a décidé d’établir sa présence indienne dans les Etats du Jharkhand et d’Orissa. L’entreprise envisage d’ y investir plus de 20 milliards de dollars pour construire deux usines capables de produire annuellement 12 millions de tonnes d’acier. Pour ce faire, elle doit d’abord acquérir respectivement dans les deux Etats, 4428 et 3900 hectares de terre. Et là, Lakshmi Mittal est tombé sur un os : les populations locales. Consacré en 1950, l’annexe 5 de l’article constitutionnel 244 donne aux peuples indigènes le droit d’administrer et de contrôler leurs terres dans neuf Etats, dont ceux d’Orissa et Jharkhand. Ce droit est renforcé par une loi de 1996 concernant le droit coutumier, les pratiques sociales et religieuses et les pratiques de gestion traditionnelle des ressources de la communauté. C’est au nom de ce droit que la population locale se bat contre le géant minier, dénonçant une destruction des forêts, des sources et des écosystèmes, bases de leur économie de subsistance.
"La terre n’est pas un bien à vendre, c’est un héritage" affirme Dayamani Barla, militante du forum pour la protection de l’existence de la population tribale et aborigène AMARM. "Les ressources naturelles ne sont pas, pour nous, seulement des moyens de subsistance mais représentent aussi un symbole de notre identité, de notre dignité, de notre autonomie et de notre culture pour des générations."
Le point de vue de l’entreprise est tout autre. L’idée est de faire de la population locale des "partenaires de l’entreprise", en leur offrant "des opportunités pour leur subsistance et leur croissance Croissance Augmentation du produit intérieur brut (PIB) et de la production.
(en anglais : growth)
, à travers des emplois directs et indirects". Et d’ajouter : "Même la partie illettrée de la population impliquée dans les travaux agricoles peut être formée à différents travaux non qualifiés. L’idée est de donner un nouvel essor à l’économie générale de la région."

Le développement économique, un choix démocratique ? Question de point de vue…

Source : http://www.cetri.be/spip.php?article1675&lang=fr (article d’origine : http://www.corpwatch.org/article.php?id=15544)