Blue card et brain drain : honni soit qui mal y pense ?


Mercredi 19 septembre 2007, Xavier Dupret, 15994 signes.

Ce texte a été diffusé pour nourrir les réflexions d’un atelier organisé dans le cadre de l’université d’Attac en septembre 2007. Il fait le point sur les politiques migratoires de l’Union européenne.

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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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En mars de cette année, la Commission européenne annonçait qu’elle planchait sur la possibilité de relancer l’immigration officiellement stoppée dans la plupart des Etats-membres au milieu des années 70 en proposant aux Etats-membres la création d’une "blue card".

Le commissaire chargé des questions migratoires, Franco Frattini ne laissait planer aucune ambiguïté quant aux intentions de la Commission européenne : "chacun comprend que les migrations font partie intégrante de la solution au vieillissement de la population [1]." Quant à l’identité des heureux bénéficiaires non plus d’ailleurs, il s’agit bel et bien d’attirer en Europe les travailleurs les plus compétents en provenance du Tiers-monde, à commencer par l’Afrique. Selon la Commission européenne [2], la moitié des immigrants à destination de l’Amérique du Nord en provenance du pourtour méditerranéen, de l’Afrique du Nord et du Moyen orient sont des universitaires. Cette même proportion passe à 13% seulement pour ce qui concerne les migrations vers l’Europe. Bref, trop de sous-qualifiés du Sud chez nous et pas assez de grosses têtes. Et naturellement, quand on veut promouvoir l’économie de la connaissance, ce type de données n’est évidemment pas des plus satisfaisantes. Les solutions proposées par la Commission ambitionnent bien entendu d’inverser la tendance. Une raison pour pointer du doigt l’option de l’émigration choisie chez les eurocrates ?

A première vue, non. C’est que, dit-on du côté de la Commission, on assure ne pas vouloir aggraver davantage le brain drain des pays du Tiers-monde. Voilà pourquoi il ne sera pas possible, selon les termes de la blue card, de s’installer à vie en Europe. Par ailleurs, dans le système de la "blue card", les pays de l’Union européenne Union Européenne Ou UE : Organisation politique régionale issue du traité de Maastricht (Pays-Bas) en février 1992 et entré en vigueur en novembre 1993. Elle repose sur trois piliers : les fondements socio-économiques instituant les Communautés européennes et existant depuis 1957 ; les nouveaux dispositifs relatifs à la politique étrangère et de sécurité commune ; la coopération dans les domaines de la justice et des affaires intérieures. L’Union compte actuellement 27 membres : Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas (1957), Danemark, Irlande, Royaume-Uni (1973), Grèce (1981), Espagne, Portugal (1986), Autriche, Finlande, Suède (1995), Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Slovaquie, Slovénie, Tchéquie (2004), Bulgarie, Roumanie (2007).
(En anglais : European Union)
ne pourront pas recruter dans des secteurs où il existe des pénuries dans les pays d’envoi. Car comme le disait Louis Michel [3], "les pays en voie de développement ont au moins autant besoin que nous, pour le dire gentiment, de leurs docteurs, de leurs ingénieurs et de leurs infirmières."

 Les limites du projet

Ecrans de fumée ? Faux-semblants ? On peut le craindre. Tout d’abord, le lien entre certification (le diplôme) et l’obtention d’un poste sur le marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
de l’emploi n’est pas des plus clairs en ce qui concerne les diplômés du Tiers-monde. En effet, s’il est évident qu’il manque de médecins généralistes en Afrique, on en vient presque à oublier que les spécialistes africains peinent, quant à eux, à trouver du travail chez eux. Faute d’équipements appropriés sans doute. Doit-on, pour autant, en déduire qu’ils n’ont aucune utilité dans leur tissu social d’origine ? Autrement dit, un spécialiste ne ferait-il pas un excellent généraliste si, le cas échéant, il en manque dans certains pays ? La question nous paraît intéressante même si on se gardera de lui apporter une réponse définitive.

Par ailleurs, le fait de permettre à un diplômé du Tiers-monde de rester chez nous juste pour quelques années n’a en soi rien de spécialement révolutionnaire dans le chef de l’Union européenne Union Européenne Ou UE : Organisation politique régionale issue du traité de Maastricht (Pays-Bas) en février 1992 et entré en vigueur en novembre 1993. Elle repose sur trois piliers : les fondements socio-économiques instituant les Communautés européennes et existant depuis 1957 ; les nouveaux dispositifs relatifs à la politique étrangère et de sécurité commune ; la coopération dans les domaines de la justice et des affaires intérieures. L’Union compte actuellement 27 membres : Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas (1957), Danemark, Irlande, Royaume-Uni (1973), Grèce (1981), Espagne, Portugal (1986), Autriche, Finlande, Suède (1995), Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Slovaquie, Slovénie, Tchéquie (2004), Bulgarie, Roumanie (2007).
(En anglais : European Union)
qui tend à vanter la flexibilité du marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
du travail depuis de nombreuses années et l’a d’ailleurs récemment habillée des oripeaux de la flexisécurité. D’ailleurs, la "blue card" ne change pas grand-chose à ce qui se pratique déjà à travers l’Union européenne. "Les titres de séjour posant des limitations, et notamment celles liant le droit de séjour et de travail à un contrat et/ou à un employeur déterminé, existent déjà, de manière encore quantitativement limitée en France mais de façon beaucoup plus généralisée dans des pays comme l’Italie ou l’Espagne. Surtout, ces statuts juridiques tendent à se développer dans l’Union européenne et sont souvent montrés en modèle à suivre. Ces statuts lient le salarié à l’employeur et l’empêchent d’en changer, faisant également perdre tout droit au séjour en cas de chômage. La question du maintien du droit au séjour en cas de chômage se pose aussi pour d’autres statuts qui lient le droit au séjour non pas à une relation de travail spécifique mais à la condition d’exercer un emploi (éventuellement assortie d’autres conditions restrictives). Dans sa proposition de directive de 2001, la Commission suggérait que les Etats puissent limiter le droit au séjour d’un migrant se retrouvant sans emploi à une période de trois mois, étendue à six mois si le migrant a déjà travaillé plus de deux ans, s’alignant ainsi sur les législations les plus restrictives à cet égard [4]."

Au détour, ces constats nous incitent à penser que les politiques migratoires, telles que sont actuellement mises en œuvre par l’Union européenne, s’inscrivent dans une stratégie de flexibilisation du lien salarial. En effet, en évitant de facto au migrant de pouvoir changer d’employeur en raison de la limitation dans le temps de leur séjour, on l’empêche de se lier aux travailleurs locaux et à leurs luttes pour l’obtention de meilleures conditions de travail et de salaires [5].

Cette fonction de renforcement de la flexibilisation assignée aux politiques migratoires nous semble patente si on s’interroge sur les fonctions réellement occupées par les migrants eux-mêmes dans les pays d’accueil. Ainsi, aux Etats-Unis, pays modèle pour l’ouverture de ses frontières aux migrants qualifiés, on observe de fait que bien des diplômés ne trouvent pas toujours un emploi à la hauteur de leurs compétences. Une discrimination à caractère linguistique semble expliquer ce fait.

En se basant sur le rapport de la Banque Mondiale Banque mondiale Institution intergouvernementale créée à la conférence de Bretton Woods (1944) pour aider à la reconstruction des pays dévastés par la deuxième guerre mondiale. Forte du capital souscrit par ses membres, la Banque mondiale a désormais pour objectif de financer des projets de développement au sein des pays moins avancés en jouant le rôle d’intermédiaire entre ceux-ci et les pays détenteurs de capitaux. Elle se compose de trois institutions : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l’Association internationale pour le développement (AID) et la Société financière internationale (SFI). La Banque mondiale n’agit que lorsque le FMI est parvenu à imposer ses orientations politiques et économiques aux pays demandeurs.
(En anglais : World Bank)
réalisé en octobre 2005 [6], on apprend qu’à niveau d’instruction identique, les immigrés venant d’Amérique latine et d’Europe orientale ont, en définitive, moins de chance d’occuper des emplois qualifiés aux États-Unis que les travailleurs originaires d’Asie, du Moyen-Orient et d’Afrique subsaharienne.

Il ressort également des données relatives aux États-Unis que les migrants scolarisés venant de l’Inde ou du Royaume-Uni y ont effectivement plus de chances de trouver des emplois correspondant à leur niveau de compétences et d’études. L’une des principales raisons qui expliquent cette situation est le facteur linguistique. Les universitaires de l’Inde et de Grande-Bretagne (cette dernière ne se trouvant pas au Sud, notons-le bien [7]) sont anglophones. Ce qui, on s’en doutait, leur procure bien évidemment un grand avantage aux Etats-Unis mais témoigne aussi du caractère profondément utopique d’un grand marché mondial du travail qualifié (qui est à la base même des théories du brain drain). Bref, le phénomène migratoire, à quelques exceptions près, va souvent de pair avec une démonétisation des titres des diplômés migrants. Opération bancale, le brain drain ?

 Brain gain ?

Certains augurent cependant d’effets bénéfiques dus aux migrations pour les pays d’envoi. Ainsi, les envois des migrants à leurs proches restés aux pays constitueraient, d’après la Banque Mondiale Banque mondiale Institution intergouvernementale créée à la conférence de Bretton Woods (1944) pour aider à la reconstruction des pays dévastés par la deuxième guerre mondiale. Forte du capital souscrit par ses membres, la Banque mondiale a désormais pour objectif de financer des projets de développement au sein des pays moins avancés en jouant le rôle d’intermédiaire entre ceux-ci et les pays détenteurs de capitaux. Elle se compose de trois institutions : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l’Association internationale pour le développement (AID) et la Société financière internationale (SFI). La Banque mondiale n’agit que lorsque le FMI est parvenu à imposer ses orientations politiques et économiques aux pays demandeurs.
(En anglais : World Bank)
, une véritable manne pour le développement. Les chiffres sont, il est vrai, impressionnants. D’après la Banque mondiale [8], près des 200 millions de personnes vivent en dehors de leur pays d’origine et ils effectuent des transferts qui auraient avoisiné 225 milliards de dollars en 2005.

Alors, les migrations, tout bénéfice pour le Tiers-monde ? En termes d’effet levier pour le développement, les envois en numéraires des travailleurs migrants se répartissent comme suit. Selon Arnaud Zacharie [9], seuls 4% des montants envoyés ont eu un impact en terme de développement. Les 96% restants sont affectées à de la consommation par les membres de la famille restée sur place.

De plus, on a coutume d’entendre dire que l’émigration pourrait procurer des bénéfices aux pays d’origine. Cette hypothèse constitue le cœur des théories dites du "brain gain". " Le brain gain exprime l’idée que l’émigration de cerveaux est un processus qui peut procurer des bénéfices au pays si celui-ci sait récupérer les talents qui se sont formés à l’extérieur [10]." On considère les pays du sud-est asiatique comme les champions du brain gain. Ce dernier consisterait en la réintégration des cadres nationaux formés à l’étranger. "Il s’agit par conséquent d’un transfert physique de la personne depuis son laboratoire dans un pays du Nord jusqu’à une implantation nouvelle, reconstituée, dans son pays d’origine. L’effort de reconstruction intégrale des conditions d’opération du chercheur est donc énorme. Il constitue un investissement Investissement Transaction consistant à acquérir des actifs fixes, des avoirs financiers ou des biens immatériels (une marque, un logo, des brevets…).
(en anglais : investment)
politico-économique onéreux pour ces pays [11]."

Le brain gain existerait donc. Il importe cependant d’en relativiser la portée. Rien de commun entre le développement spectaculaire du sud-est asiatique et la situation de l’Afrique.
C’est ainsi que les médecins et infirmiers africains constituent de plus en plus une réserve de main d’œuvre pour les pays du nord. Le Royaume-Uni aura besoin de vingt-cinq mille médecins et de trente-cinq mille infirmiers supplémentaires d’ici à 2008 [12]. Les Etats-Unis auront quant à eux besoin de recruter un million d’infirmiers d’ici à 2010 [13].
On comprend l’intérêt des pays du Nord à procéder au recrutement des élites du Sud. Economie sur le coût de formation intégralement pris en charge par les Etats du Sud. C’est ainsi que le Ghana a perdu, depuis 1999, 50 millions d’euros pour la formation de professionnels de santé qui ont émigré vers le nord une fois leurs études réussies [14]. Pour l’instant, le brain gain, c’est surtout pour le Nord. Les dégâts collatéraux sont pour le Sud. "Pour l’Afrique, la fuite des cerveaux a des conséquences désastreuses : deux enfants sur trois y meurent de maladies qui pourraient être facilement traitées ou prévenues. Au Zimbabwe, il ne reste que trois cent soixante des mille deux cents médecins formés dans les années 1990. Entre 1993 et 2002, le Ghana en a perdu six cents sur huit cents. Les deux tiers de ceux qui sont partis travaillent en Europe ou aux Etats-Unis. Dans le même temps, le taux de mortalité infantile est de 1 pour 10, contre 1 pour 200 en France, le Ghana ne bénéficiant que de 9 docteurs pour 100.000 habitants, contre 335 pour 100.000 en France. Et dans certains domaines, le Niger (NDLR, un des pays les plus pauvres de la planète) a perdu tous ses experts [15]."

 Cuba si ?

En ces temps de pillage des cerveaux du Tiers-monde au profit des économies du Nord, en ces temps de flexibilisation accrue du lien salarial, on voit poindre un projet de politique migratoire du côté de la Commission européenne, la "blue card". Les milieux tiers-mondistes devraient être ra-ssu-rés. Ah bon ?

Parce que la blue card limiterait dans le temps la présence des spécialistes du Tiers-monde sur le territoire de l’Europe des 27. Le détournement de compétences ne durerait donc qu’un temps et devrait, pourquoi pas, permettre, par la suite, un gain dans le chef des pays d’origine. Deux angles pour la prise de vue. Et deux raisons d’être inquiet.

Vu la promotion de la flexibilité par l’Union européenne, on verra tout au plus dans cette "garantie" la volonté de renforcer un marché flexible de la main d’œuvre affectée à la recherche et à l’expertise technoscientifique, les nouveaux arrivants faisant moins les difficiles que les locaux. Pour ce qui est de la prise en compte des intérêts du Sud, que penser ? Brain gain ou pas ? Pour qu’il ait gain par les nations d’origine de ces chercheurs, il faudrait, tout d’abord, que ces derniers occupent un emploi à hauteur de leurs compétences. Comme nous l’avons vu, c’est loin d’être gagné. Chez nous, par contre, l’immigration temporaire d’un prolétariat de luxe devrait calmer les pressions à la hausse des salaires en cas de pénurie de main d’œuvre. Quant aux conditions d’existence de ces cerveaux, une fois retournés dans leur pays, motus et bouche cousue de la part de l’Union européenne. C’est que l’Afrique ne pourra de toute façon pas consacrer les mêmes budgets que les pays d’Asie du sud-est à la réinsertion de ses chercheurs partis se perfectionner sous d’autres cieux. De manière ironique, on pourrait ajouter que les cadres africains pourront toujours tenter leur chance aux Etats-Unis, au Canada ou en Australie après avoir enrichi leur curriculum vitae d’une expérience en Europe. Mais là alors, pour le brain gain, l’Afrique pourra toujours attendre. Et c’est grave.

Car lutter contre le brain drain, c’est évidemment lutter contre la dépendance. Autres lieux, autres enjeux. On peut, par exemple, faire un tour du côté de Cuba. Le Gresea en a parlé en son temps. "Cuba envoie des milliers de docteurs et d’enseignants pour aider le Venezuela, mais aussi la Bolivie, à offrir des soins de santé à leur population et lui apprendre à lire et écrire. C’est pour le moins paradoxal. Voici un petit pays pauvre, Cuba, trois fois la Belgique, un moustique comparé à l’Europe ou aux Etats-Unis, qui leur fait la leçon, leur montre qu’il est possible pour un pays pauvre d’en aider d’autres, beaucoup plus grands que lui : le Venezuela, c’est dix fois Cuba et trente fois la Belgique. Entre 30.000 et 70.000 docteurs cubains travaillent à l’étranger dans ces programmes d’aide publique au développement Aide publique au développement ou ADP : Total des prêts préférentiels (à des taux inférieurs à ceux du marché) et des dons budgétisés par les pouvoirs publics des États dits développés en faveur de pays du Tiers-monde. Théoriquement, ces flux financiers devraient être orientés vers la mise en place de projets concrets et durables, comme des infrastructures essentielles, des actions de lutte contre la faim, en faveur de la santé, de l’éducation, etc. Mais souvent il s’agit d’un moyen détourné pour les anciennes métropoles coloniales de conserver les liens commerciaux avec leurs dépendances, en les obligeant à s’approvisionner auprès des firmes métropolitaines. Selon les Nations unies, l’APD devrait représenter au moins 0,7% du PIB de chaque nation industrialisée. Mais seuls les pays scandinaves respectent cette norme.
(En anglais : official development assistance, ODA)
. Comme le relève l’International Herald Tribune (8 décembre 2006), la décision de Fidel Castro, à la fin des années nonante, d’instituer une Ecole de médecine tiers-mondiste, ouverte à tous, y compris à une centaine d’étudiants américains, n’y est pas étrangère. Tout cela doit néanmoins demeurer étrange à nos yeux occidentaux. C’est qu’on peut difficilement, au-delà des opinions sur le régime communiste cubain que chacun peut avoir, éviter de se poser une petite question insolite. Si Cuba le peut, pourquoi pas les Etats-Unis, pourquoi pas l’Europe, pourquoi pas la Belgique [16] ?" On peut rêver.

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Pour citer cet article :

Xavier Dupret, "Blue card et brain drain : honni soit qui mal y pense ?", Gresea, septembre 2007 – Version actualisée, février 2008. Texte disponible à l’adresse :
http://www.gresea.be/spip.php?article1656







[1http://www.eubusiness.com, 20 mars 2007.

[2Ibid.

[3Ibid.

[4Antoine Math, Immigration économique de travailleurs : les réponses des acteurs sociaux au Livre vert de la Commission in Chronique internationale de l’IRES, n° 96, septembre 2005, p.15.

[5Il est bon de rappeler à ce sujet que la précarisation du contrat et des conditions de travail ne résulte pas de la présence de migrants au sein du marché du travail mais procède avant toute chose de choix politiques délibérés.

[6International Migration, Remittances and the Brain Drain, World Bank, octobre 2005.

[7Le concept apparut pour la première fois dans les années 1950 pour qualifier l’exode de scientifiques et d’ingénieurs britanniques vers les États-Unis. Plus tard seulement, on l’appliqua spécialement aux relations scientifiques Nord-Sud.

[8Global Economic Prospects 2006, Worldbank, 2006, p.52.

[9Arnaud Zacharie, "Migration et développement. Sortir du paradoxe", Imagine, Mars 2006

[10Jean-Baptiste Meyer et Jorge Charum, "La fuite des cerveaux est-elle épuisée ? Paradigme perdu et nouvelles perspectives" in " Cahiers des Sciences Humaines, 1995, p.1010.

[11Ibidem, p.1011.

[12Kwadwo Mensah, Maureen Mackintosh et Leroi Henry, "The “skills drain” of health professionals from the developing world : A framework for policy formulation", Medact, Londres, 2005.

[13Karl Blanchet, Regina Keith et Peter Shackleton, "One million more : Mobilising the African diaspora healthcare professionals for capacity building in Africa", Save The Children, Londres, 2006.

[14Karl Blanchet et Regina Keith, "L’Afrique tente de retenir ses médecins", Le Monde Diplomatique, décembre 2006.

[15Ibid.

[16Erik Rydberg, newsflash n°21, "Cuba et les paradoxes de l’aide au développement", 15 décembre 2006.

P.-S.

Ce texte a été diffusé pour nourrir les réflexions d’un atelier organisé dans le cadre de l’université d’Attac en septembre 2007. Il fait le point sur les politiques migratoires de l’Union européenne.