British Petroleum fabrique une catastrophe


Lundi 17 mai 2010, Erik Rydberg, 1549 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Près d’un mois après l’explosion de la plateforme de forage Deep Horizon de la British Petroleum, le 20 avril 2010, le pétrole continue à jaillir dans le golfe du Mexique au large des côtes de la Louisiane. A la commission d’enquête sénatoriale, on a le spectacle d’opérateurs qui se rejettent la faute, ici pour pointer la mauvaise qualité du coffrage de béton de la société Halliburton et, là, pour stigmatiser Transocéan, la société propriétaire du défectueux dispositif anti-explosion. Le problème est naturellement ailleurs. Il est dans le principe même – casse-cou – de l’extraction de pétrole à grande profondeur (1,5 km sous la mer auquel s’ajoutent 4 km de forage sous le sol de l’océan), une technique qui est, de l’avis général, tout sauf maîtrisée par l’industrie pétrolière – et encore moins en cas d’accident : British Petroleum compare elle-même ses efforts pour arrêter la marée noire sous-marine à une intervention chirurgicale réalisée dans le noir à 5 km de distance. Alors pourquoi ? Parce que tant que le prix mondial du baril de pétrole (86 dollars) excède le coût de son extraction en eaux profondes, qui n’est "que" de 35 à 65 dollars, c’est rentable. British Petroleum a 42 projets similaires, dont 11 dans le golfe du Mexique. Avec la bénédiction des élus américains, sécurité énergétique oblige. La survie du réseau routier (et d’un certain mode de vie) est à ce prix-là.

Source : Financial Times des 4 et 6 mai 2010 et l’Humanité du 14 mai 2010.