La libéralisation des services publics : son impact en milieu rural


Mercredi 24 septembre 2008, Xavier Dupret, 1829 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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12 septembre 2008. 20 octobre 2008. 23 octobre 2008. 17 novembre 2008. Les stratégies de libéralisation Libéralisation Action qui consiste à ouvrir un marché à la concurrence d’autres acteurs (étrangers ou autres) autrefois interdits d’accès à ce secteur. et de privatisation des services publics constituent une menace pour les publics ruraux. A l’occasion du centenaire de l’ACRF (Action Chrétienne Rurale des Femmes) qui a été célébré le 12 septembre 2008 au Centre culturel Marcel Hicter de Wépion et dans les groupes locaux de Bauraing (20 octobre 2008) et de Chimay (23 octobre) et de Philippeville (17 novembre), le Gresea a exposé au public de cette association une réflexion sur les enjeux relatifs aux services publics en réseau (eau, transport et énergie). Le sujet est d’une actualité brûlante pour les membres de l’ACRF. Car le public rural, plus que celui des villes, se sent menacé par la fragilisation des services publics directement induite par l’imposition du néolibéralisme Néolibéralisme Doctrine économique consistant à remettre au goût du jour les théories libérales « pures ». Elle consiste surtout à réduire le rôle de l’État dans l’économie, à diminuer la fiscalité surtout pour les plus riches, à ouvrir les secteurs à la « libre concurrence », à laisser le marché s’autoréguler, donc à déréglementer, à baisser les dépenses sociales. Elle a été impulsée par Friedrich von Hayek et Milton Friedman. Mais elle a pris de l’ampleur au moment des gouvernements de Thatcher en Grande-Bretagne et de Reagan aux États-Unis.
(en anglais : neoliberalism)
à nos sociétés...

Pour accéder au Power Point : "La libéralisation des services publics" réalisé en appui de ces conférences, cliquez sur l’icône ci-dessous :

On consultera également utilement la rubrique "Libéralisation/Privatisation" de l’Observatoire des entreprises du Gresea : http://www.gresea.be/spip.php?rubrique22

... Et il y a de quoi. Dans le cas des services postaux, la libéralisation entraîne, de la part des acteurs du secteur, la généralisation de la pratique de l’écrémage qui consiste à sélectionner l’implantation du réseau en fonction de critères de rentabilité qui désavantagent les campagnes. En matière de fourniture d’électricité, la mise en œuvre de la libéralisation telle que conçue par la Commission européenne comporte l’obligation de mettre en œuvre un décloisonnement entre les producteurs, les transporteurs et les distributeurs d’énergie. C’est ce que l’on nomme "unbundling". Cette pratique organise le démantèlement des réseaux intégrés mis en œuvre dans la foulée de la vague de nationalisation postérieure à la deuxième Guerre mondiale. Les réseaux présents en milieu rural étant, pour des raisons d’économie d’échelle, moins rentables que ceux des grandes villes, la mise en œuvre de l’"unbundling" entraîne une discrimination de fait dans l’égalité d’accès des citoyens aux grands réseaux d’énergie. Lourde facture, en définitive, que celle de l’Europe de la libéralisation des services.

 


Pour citer cet article :

Xavier Dupret, "La libéralisation des services publics : son impact en milieu rural", Gresea, septembre 2008. Texte disponible à l’adresse :
http://www.gresea.be/spip.php?article1686