Les suicidés de France Télécom : tour judiciaire


Lundi 12 avril 2010, Erik Rydberg, 1404 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Le journal financier Les Echos qualifie la décision d’historique. Saisi par les syndicats SUD-PTT et, partie civile, la CFE-CGC-Unsa, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "harcèlement moral" à la suite de la vague de suicides qui ont lieu à France Télécom (32 en 2008 et 2009 selon la direction, auxquels s’ajoute une dizaine en 2010). Ce sera en effet la première fois que, en France, la politique de gestion du personnel d’une entreprise est susceptible de constituer une infraction pénale et d’entraîner un procès en correctionnelle de dirigeants. La plainte des syndicats vise entre autres Olivier Barberot, directeur du personnel, le même qui, en octobre 2006, avait déclaré que le "crash programme" de France Télécom (réduire les effectifs de 22.000 personnes et provoquer un changement de métier pour 10.000 autres) ne se fera pas "sur la base d’un volontariat un peu mou" mais de manière "beaucoup plus systématique". Avec les résultats qu’on sait. La justice lira sans doute avec attention le rapport de l’inspection du travail qui, dans son rapport de février 2010, épingle "une mise en danger d’autrui du fait de la mise en œuvre d’organisations du travail de nature à porter des atteintes graves à la santé des travailleurs" et des "méthodes de gestion caractérisant le harcèlement moral".

Source : Les Echos du 12 avril 2010.