Le FMI rend malade


Newsflash n°69

Lundi 27 septembre 2010, Erik Rydberg, 1399 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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La dernière grande idée pour sauver la planète est de trouver un instrument de mesure qualitative du bonheur. Si on arrive à bien mesurer, suppose-t-on, il suffira de modifier les paramètres qui font partir le bonheur à la hausse ou à la baisse. C’est un peu simpliste mais du point de vue éducatif, l’exercice peut se révéler utile. Dans son dernier livre, le philosophe slovène Slajov Zizek signale une corrélation mise à jour en 2008 par un travail scientifique qui pourrait s’avérer approprié pour affiner le calcul des composants du bonheur. Une équipe de chercheurs des universités de Cambridge et de Yale, raconte-t-il, s’est penchée sur les données épidémiologiques de la tuberculose dans les pays de l’Europe de l’Est durant les dernières décennies. Un constat s’en dégage. A chaque fois que le FMI FMI Fonds Monétaire International : Institution intergouvernementale, créée en 1944 à la conférence de Bretton Woods et chargée initialement de surveiller l’évolution des comptes extérieurs des pays pour éviter qu’ils ne dévaluent (dans un système de taux de change fixes). Avec le changement de système (taux de change flexibles) et la crise économique, le FMI s’est petit à petit changé en prêteur en dernier ressort des États endettés et en sauveur des réserves des banques centrales. Il a commencé à intervenir essentiellement dans les pays du Tiers-monde pour leur imposer des plans d’ajustement structurel extrêmement sévères, impliquant généralement une dévaluation drastique de la monnaie, une réduction des dépenses publiques notamment dans les domaines de l’enseignement et de la santé, des baisses de salaire et d’allocations en tous genres. Le FMI compte 188 États membres. Mais chaque gouvernement a un droit de vote selon son apport de capital, comme dans une société par actions. Les décisions sont prises à une majorité de 85% et Washington dispose d’une part d’environ 17%, ce qui lui donne de facto un droit de veto. Selon un accord datant de l’après-guerre, le secrétaire général du FMI est automatiquement un Européen.
(En anglais : International Monetary Fund, IMF)
vient au secours des pays étudiés, le nombre de cas de tuberculoses augmente. Et inversement. Quand l’aide financière du FMI FMI Fonds Monétaire International : Institution intergouvernementale, créée en 1944 à la conférence de Bretton Woods et chargée initialement de surveiller l’évolution des comptes extérieurs des pays pour éviter qu’ils ne dévaluent (dans un système de taux de change fixes). Avec le changement de système (taux de change flexibles) et la crise économique, le FMI s’est petit à petit changé en prêteur en dernier ressort des États endettés et en sauveur des réserves des banques centrales. Il a commencé à intervenir essentiellement dans les pays du Tiers-monde pour leur imposer des plans d’ajustement structurel extrêmement sévères, impliquant généralement une dévaluation drastique de la monnaie, une réduction des dépenses publiques notamment dans les domaines de l’enseignement et de la santé, des baisses de salaire et d’allocations en tous genres. Le FMI compte 188 États membres. Mais chaque gouvernement a un droit de vote selon son apport de capital, comme dans une société par actions. Les décisions sont prises à une majorité de 85% et Washington dispose d’une part d’environ 17%, ce qui lui donne de facto un droit de veto. Selon un accord datant de l’après-guerre, le secrétaire général du FMI est automatiquement un Européen.
(En anglais : International Monetary Fund, IMF)
s’arrête, la tuberculose recule. Naturellement, il n’y a pas de mystère. Les aides du FMI sont conditionnées à l’introduction, dans les pays bénéficiaires, de mesures de "discipline" budgétaire, donc des réductions des dépenses publiques, donc, en priorité, un étranglement du budget des soins de santé. Conclusion, le FMI rend malade. C’est une donnée qu’il faudrait peut-être introduire dans les "paramètres" éducatifs...